Adapter la planification forestière aux conséquences du changement climatique
En France, 90 % des feux de forêt sont d’origine humaine, mais le changement climatique intensifie et étend le risque d’incendie, le rendant plus présent sur plusieurs mois de l’année et dans des zones géographiques plus vastes. Selon des études, jusqu’à 50 % du territoire français pourrait devenir vulnérable d’ici 2050.
La lutte contre les incendies de forêt est une priorité absolue, nécessitant des moyens adéquats pour la Défense des Forêts Contre les Incendies (DFCI). Il est crucial d’évoluer dans la gestion forestière. En France, divers documents de planification existent, tels que le programme national de la forêt et du bois et les schémas régionaux de gestion sylvicole, qui doivent être en cohérence avec les politiques de préservation de la biodiversité.
La politique forestière de la forêt privée et publique
Le Programme national de la forêt et du bois recommande d’établir des objectifs pour développer la sylviculture mélangée à couvert continu et de gérer 10 % du territoire national en libre évolution. Cela favoriserait la diversité des habitats et réduirait l’inflammabilité.
Les stratégies dans les aires protégées
Dans les aires protégées, notamment les zones Natura 2000, les documents de gestion doivent être adaptés pour tenir compte de l’évolution des risques. Les gestionnaires requièrent des ressources financières et humaines supplémentaires pour mettre à jour ces documents et y intégrer un volet sur les risques naturels.
Financer aujourd’hui pour récolter demain
Les incendies de forêt de 2026 ont suscité une forte émotion, permettant de récolter plus d’un million d’euros pour la forêt de Fontainebleau et environ 500 000 euros pour les incendies en Gironde et dans les Landes. Cependant, ces fonds ne suffisent pas et soulignent la nécessité de sécuriser le financement pour la restauration des forêts sinistrées.
Urgence d’investir dans l’adaptation
En septembre 2026, l’ONU a souligné que « agir simultanément contre la pollution de l’air et le changement climatique pourrait générer jusqu’à 15 dollars de bénéfices pour chaque dollar investi ». Pour la préservation de la biodiversité, il a été observé qu’un euro investi peut générer huit euros de retour. Cette logique devrait s’appliquer à la gestion forestière, en conditionnant les aides publiques à des pratiques durables.
Des dispositifs inspirants
Le fonds Nature Impact, proposé par le WWF, finance des projets de propriétaires forestiers en faveur de la biodiversité. La restauration des forêts incendiées doit devenir une priorité pour l’État, nécessitant des moyens adéquats pour une gestion durable.
Le rôle de l’État
Un rapport du Gouvernement au Parlement en 2025 a étudié la création d’un dispositif public de paiement pour services environnementaux forestiers, axé sur la préservation de la biodiversité et des sols forestiers. Ce dispositif encouragerait les propriétaires à adopter des pratiques favorables à l’environnement.
Permettre aux citoyen·nes et aux collectivités d’agir
Les événements récents ont mis en lumière l’engagement des citoyens à aider les services de secours. Cependant, cette demande importante de volontariat peut surcharger les services en période de crise. Il est donc essentiel d’organiser cette main-d’œuvre bénévole efficacement.
Des initiatives comme les comités communaux feux de forêts et les réserves communales de sécurité civile sont des pistes prometteuses pour structurer l’implication des bénévoles et sensibiliser les collectivités aux différents risques.
Source : CNRS, ONU.

