Le collectif “Ni Putes ni Soumises” : un parcours tumultueux
Le collectif féministe « Ni Putes ni Soumises » a connu une ascension fulgurante, passant de l’ombre à la lumière du pouvoir politique en quelques années, avant de sombrer dans l’indifférence. Ce phénomène soulève des questions sur l’évolution et les défis des mouvements sociaux en France.
Contexte et origine
Fondé en 2003, « Ni Putes ni Soumises » a été créé pour défendre les droits des femmes, en particulier celles issues des banlieues. La présidente du collectif, Fadela Amara, a joué un rôle central dans cette dynamique. En 2007, elle rejoint le gouvernement de Nicolas Sarkozy, affirmant que la lutte pour les filles des banlieues devait transcender les partis politiques. Cette décision a suscité des réactions mitigées, certains considérant cela comme une opportunité, d’autres comme une trahison des valeurs originelles du collectif.
Défis et tensions internes
La présence de Fadela Amara au sein du gouvernement a mis en lumière des tensions internes au sein du collectif. Les ambitions personnelles et les rivalités se sont intensifiées, rendant la cohésion de « Ni Putes ni Soumises » de plus en plus fragile. Par ailleurs, la question du voile a également compliqué la portée universaliste du mouvement, divisant les opinions au sein même du collectif.
Évolution et impact
De sa création à son extinction en 2020, « Ni Putes ni Soumises » a été un mouvement hautement inflammable, reflétant les évolutions sociopolitiques de la France. Malgré des succès notables, le collectif a finalement disparu, laissant un vide dans le paysage féministe français.
Cet article s’inspire des travaux de Sophie Bober et des analyses de Charlotte Rotman, qui ont suivi de près l’évolution de ce collectif emblématique.
Source : Sophie Bober, Charlotte Rotman.

