On pensait les antioxydants protecteurs : dans certaines tumeurs, ils pourraient au contraire aider le cancer
L’oxygène, bien qu’indispensable à la vie, est également une molécule hautement réactive, pouvant être toxique pour l’organisme. Elle génère des espèces réactives de l’oxygène (ROS), connues pour causer des dommages aux cellules, notamment à l’ADN, et pour augmenter le risque de cancer ainsi que le vieillissement. Les antioxydants, tels que les polyphénols, caroténoïdes, vitamine C et vitamine E, sont souvent recommandés pour neutraliser ces molécules toxiques.
Cependant, des essais cliniques récents montrent que la prise de compléments antioxydants n’offre pas la protection escomptée contre le cancer. En fait, certaines études suggèrent que ces compléments pourraient même accroître le risque de cancers cutanés, pulmonaires et prostatiques.
Une étude britannique, publiée dans la revue Science, a révélé que les ROS sont en réalité nécessaires à l’activation des lymphocytes T, des cellules immunitaires essentielles pour combattre les cellules cancéreuses. Les chercheurs ont observé que les tumeurs créent un environnement riche en antioxydants, qui inhibe l’activité des lymphocytes T en neutralisant les ROS nécessaires à leur activation.
Cette découverte remet en question l’idée que les antioxydants sont toujours bénéfiques dans le contexte du cancer. Selon le Dr Robert L. Eil, l’un des auteurs de l’étude, « les tumeurs peuvent exploiter cette dépendance des lymphocytes T en éliminant les espèces réactives de l’oxygène dont le système immunitaire a besoin. »
Les implications de cette recherche sont significatives, suggérant de nouvelles stratégies de traitement contre le cancer, notamment des molécules visant à neutraliser les antioxydants produits par les tumeurs et des thérapies qui pourraient renforcer l’efficacité des lymphocytes T.
Cette avancée soulève des questions essentielles sur l’utilisation des antioxydants dans la prévention et le traitement du cancer, un domaine qui nécessite des recherches supplémentaires pour mieux comprendre les mécanismes en jeu.
Source : Futura Sciences

