Malgré les risques sanitaires, l’UE reste dépendante des pesticides
L’Union européenne (UE) a récemment abandonné son objectif de réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 2030, un règlement qui avait suscité des préoccupations croissantes parmi les citoyens. Environ 40 % des Européens avaient exprimé des inquiétudes quant à la présence de ces produits dans leur alimentation, avec plus d’un million de personnes demandant leur élimination progressive. À l’époque, Stella Kyriakides, ancienne commissaire européenne chargée de la santé, avait averti des conséquences potentielles sur les pollinisateurs et la sécurité alimentaire.
En 2026, la Commission européenne propose désormais d’assouplir les contrôles sur les pesticides, suscitant des critiques de la part d’associations de défense de la santé publique, qui craignent que cela nuise à la santé humaine.
Historique de l’utilisation et des ventes de pesticides dans l’UE
Les efforts de l’UE pour limiter les pesticides remontent à 2009 avec une directive sur les pratiques durables. Cependant, la mise en œuvre de ces politiques a échoué à atteindre les objectifs de réduction, ce qui a conduit à la proposition d’une réduction obligatoire de 50 % en 2023. Malgré une baisse de 18 % de l’utilisation des pesticides depuis 2015, l’UE reste l’un des plus grands utilisateurs mondiaux.
Données sur les ventes de pesticides
En 2024, les cinq principaux pays utilisateurs de pesticides au sein de l’UE — Espagne, France, Italie, Allemagne et Pologne — représentaient 76 % des ventes totales. Ces pays ont vu une augmentation de près de 10 % des ventes par rapport à l’année précédente, malgré l’objectif de réduction.
En Bulgarie et en Autriche, les ventes de pesticides ont augmenté d’environ 25 %, tandis que des hausses plus modérées ont été observées en Estonie (+15,5 %), Lettonie (+15,35 %) et Lituanie (+18,9 %). En revanche, l’Italie a enregistré une baisse de 33 % de ses ventes.
Conséquences
La décision de ne pas appliquer de réduction obligatoire des pesticides risque d’aggraver les problèmes de santé publique et de biodiversité. Les résidus de pesticides dans les rivières européennes dépassent souvent les seuils de sécurité, posant des risques pour l’environnement et la santé humaine.
La Commission européenne affirme qu’un assouplissement des contraintes réglementaires pourrait faciliter l’introduction de pesticides à faible risque, mais des inquiétudes persistent quant à l’efficacité de cette approche.
Source : Deutsche Welle

