Le gouvernement sabre dans les effectifs de l’écologie malgré cet été de chaos
Mardi 15 septembre, une quarantaine d’organisations, allant de France Nature Environnement à Greenpeace, se sont rassemblées devant Bercy. Leur revendication : des moyens à la hauteur de l’urgence climatique, après un été marqué par des canicules, incendies et sécheresse. C’est à Bercy que se négocient ces moyens, et l’environnement semble encore une fois être sacrifié.
En effet, le budget 2027 prévoit la suppression de postes au sein des agences chargées de la gestion de l’eau et de la protection de l’environnement. Alors que l’été a été marqué par un manque d’eau et une augmentation des catastrophes naturelles, l’État prévoit de réduire les effectifs de ceux qui doivent anticiper et réparer. Selon le média Contexte, 15 postes devraient disparaître en 2027 dans les six agences de l’eau, suivis de 20 en 2028 et encore 20 en 2029, représentant une réduction de 55 emplois sur environ 1 500.
Le 9 septembre, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a souligné que 64 000 personnes dépendent encore de bouteilles ou de camions-citernes pour boire, et que 6,4 millions vivent dans des zones où l’eau est en vigilance. Malgré cela, les effectifs continuent de diminuer. En 2023, Emmanuel Macron avait pourtant accordé 66 postes pour son plan eau, mais 12 ont été supprimés en 2025 et 13 en 2026.
Delphine Jacono, secrétaire de la branche eau et milieux aquatiques du SNE-FSU, a déclaré que les activités de défense de l’environnement sont en péril, mal rémunérées et mal dotées. La situation est similaire pour les espaces protégés, où 10 postes devraient disparaître dans les 11 parcs nationaux. L’Office français de la biodiversité (OFB) devrait également perdre 24 postes.
Cette réduction d’effectifs s’accompagne d’une remise en question du statut des contractuels de l’environnement, qui sont employés depuis des décennies sans véritable filière de fonctionnaires. Bercy conditionne désormais la revalorisation de leur quasi-statut à l’arrêt des recrutements sous ce régime à partir de 2028.
En somme, alors que le gouvernement affirme vouloir protéger la biodiversité et anticiper les sécheresses, les moyens alloués à ces missions semblent en forte diminution, posant la question de la capacité d’action face à l’accélération de la crise écologique.
Source : Reporterre

