Une façon de tester la solidarité : la frappe d’un drone russe sur un train près de la frontière polonaise
Le week-end dernier, une frappe russe a visé un train reliant Kiev à Varsovie, à seulement deux kilomètres de la frontière polonaise. Cet incident a provoqué une onde de choc à travers l’Europe, suscitant des réactions fermes de la part des dirigeants européens, qui dénoncent une nouvelle escalade du conflit.
La frappe a eu lieu dimanche 13 septembre, alors que 206 passagers se trouvaient à bord du train. Heureusement, l’évacuation a été effectuée à temps, évitant ainsi un carnage. Les employés de la compagnie ferroviaire, encore sous le choc, expriment leur peur face à cette situation. « qu’on a eu peur, mais que faire ? Nous devons tenir bon, même si nous vivons une période terrible », a déclaré l’un d’eux.
Cette voie de chemin de fer est essentielle pour les liaisons entre l’Ukraine et le reste de l’Europe, surtout depuis la fermeture de l’espace aérien civil. Les Ukrainiens sont donc contraints d’utiliser le train pour voyager ou transporter des marchandises.
Au-delà de cette attaque, la menace russe semble se rapprocher des pays de l’Union européenne et de l’Otan, avec des incursions aériennes récentes. Par exemple, deux chasseurs Rafale français ont intercepté un avion de chasse russe au-dessus de la Lituanie. En août, un drone chargé d’explosifs a été neutralisé à l’aéroport de Leipzig, en Allemagne, ce qui a également été attribué à la Russie.
Dominique Trinquand, expert militaire, souligne que cette attaque pourrait être une manière pour la Russie de tester la solidarité des pays de l’Otan. Il met en garde contre le risque de dérapages, tels qu’un drone échappant à son contrôle.
L’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson et l’ex-directeur de la CIA David Petraeus avaient emprunté la ligne visée peu avant l’attaque, ce qui aurait pu entraîner des conséquences encore plus graves. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a qualifié cette attaque d’inacceptable et a pointé la fébrilité de Vladimir Poutine face aux échecs militaires de la Russie.
Le porte-parole du Kremlin, interrogé le 14 septembre, a affirmé que cette attaque faisait partie des missions de l’armée russe, qui se réserve le droit de frapper partout sur le territoire ukrainien.
Source : Franceinfo

