Dispositif « coupe-file » : L’exécutif relance la « grande cause » de la santé mentale
Dans le cadre de son engagement en faveur de la santé mentale, érigée en « grande cause nationale » pour 2025-2026, le gouvernement a annoncé le 2 juin plusieurs nouvelles mes, ainsi que le renouvellement d’anciens dispositifs.
Parmi les nouveautés, un système de « coupe-file » pour les jeunes identifiés par l’Éducation nationale comme présentant un trouble de santé mentale sera instauré. Ce dispositif permettra aux élèves d’obtenir un rendez-vous dans les 24 à 48 heures, a précisé Stéphanie Rist, ministre de la Santé. En cas de « souffrance psychique » urgente, le personnel éducatif pourra alerter directement le Samu pour obtenir un rendez-vous chez un professionnel de santé mentale. L’organisation de ce « coupe-file » sera déléguée aux agences régionales de santé (ARS).
20 % des lycéens confrontés aux pensées suicidaires
Stéphanie Rist a souligné la dégradation du système de santé, notamment le manque de médecins, alors que la pédopsychiatrie a perdu un tiers de ses effectifs en dix ans. Une enquête de Santé publique France révèle que 20,6 % des collégiens ressentent un « sentiment de déprime » et 19 % des lycéens présentent un risque « important » de dépression. De plus, 20 % des adolescents ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires dans les douze derniers mois et 15 % ont déjà tenté de se suicider au cours de leur vie.
La création d’une délégation interministérielle
Pour renforcer la prise en charge de la santé mentale, une délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie sera créée, permettant à chaque ministère de désigner un référent. Un groupe de travail sera également chargé de mettre en place un « système national de repérage et d’intervention précoce ». Ce dispositif visera à généraliser l’évaluation annuelle de la santé mentale des étudiants en médecine, dans un contexte où plus d’un étudiant sur deux déclare éprouver des symptômes anxieux.
Mettre fin à la méthode « traumatisante » de la contention
Enfin, Stéphanie Rist a annoncé l’objectif de mettre fin aux pratiques de contention mécanique d’ici à 2030, considérées comme traumatisantes pour les patients et leurs familles. Elle a précisé qu’un établissement sur dix en France s’est déjà engagé à ne plus recourir à cette pratique. Plusieurs pays européens, comme la Norvège et l’Espagne, ont déjà connu une réduction de plus de 90 % de l’utilisation de la contention.
Ces mes visent à améliorer la prise en charge de la santé mentale des jeunes et à répondre à une situation alarmante, exacerbée par la crise sanitaire.
Source : L’Express
