« Tout le système humanitaire pourrait s’effondrer » : un canal clé d’aide menacé à court terme
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a averti ce lundi que le dispositif d’acheminement de l’aide humanitaire au Soudan, utilisé par plus de 100 ONG, risque de s’effondrer dans les prochaines semaines en raison d’un manque de financements. Amy Pope, directrice générale de l’OIM, a déclaré : « Tout le système humanitaire pourrait s’effondrer en quelques semaines si nous n’agissons pas maintenant. Sans nouveaux financements, nous ne pourrons pas apporter l’aide là où elle est le plus nécessaire. »
Ce « Pipeline humanitaire commun de l’OIM » a permis d’acheminer de l’aide à 2,84 millions de personnes depuis juillet 2023, fournissant des abris et des articles non alimentaires essentiels à travers le pays. En 2024, plus d’un million de personnes ont bénéficié de ce dispositif, mais ce chiffre est tombé à 804 000 en 2025. En 2026, l’OIM a jusqu’à présent fourni des abris d’urgence et des kits de secours à 330 000 personnes. L’OIM souligne que sans un soutien immédiat des donateurs, les articles de secours essentiels devraient être épuisés d’ici fin septembre 2026, et les capacités opérationnelles du Pipeline ne seront maintenues que jusqu’en décembre.
La guerre au Soudan, qui oppose depuis avril 2023 l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), a causé plus de 200 000 morts et déplacé plus de 13 millions de personnes, selon les travailleurs humanitaires. Cette situation est considérée par l’ONU comme la plus grave crise humanitaire au monde. L’OIM avertit que relancer le dispositif après une interruption serait un processus complexe et coûteux, nécessitant des ressources substantielles.
Pour maintenir le Pipeline à sa capacité minimale pendant 12 mois, l’OIM a besoin de 15 millions de dollars. Une contribution de 27 millions de dollars permettrait de rétablir l’assistance à un niveau proche de celui de 2025, tandis que 42 millions de dollars permettraient d’élargir l’intervention pour soutenir jusqu’à un million de personnes.
Source : L’Alsace.

