Accords UE : Les boulangers français en difficulté face à la concurrence accrue

Commerce: Nos boulangers menacés par les accords avec l'UE

Nos boulangers menacés par les accords avec l’UE

La production suisse de céréales panifiables est en baisse, tandis que les importations de pâtons et de produits de boulangerie européens augmentent. Le Parlement veut renforcer la protection de la filière, mais les solutions s’annoncent complexes.

À Berne, l’inquiétude grandit : les agriculteurs, les meuniers et les boulangers suisses craignent une concurrence accrue de l’Union européenne. La production nationale de céréales panifiables diminue chaque année, alors que les importations de produits de boulangerie étrangers continuent d’augmenter.

En ouverture de la session d’automne, le Conseil des États doit examiner quatre propositions visant à renforcer la protection douanière des céréales suisses. Toutefois, de nombreuses demandes formulées par les associations professionnelles et les acteurs économiques semblent difficiles à mettre en œuvre. Dans le pire des cas, certaines mes pourraient même aggraver la situation. La survie de la filière boulangère suisse est-elle une mission impossible ?

Une période de fortes turbulences

Le blé tendre suisse répond presque entièrement à la demande intérieure et bénéficie d’une protection significative, comprenant des droits de douane élevés sur les produits agricoles étrangers et un contingent tarifaire annuel. Cependant, le secteur fait face à des turbulences. Selon l’Association suisse des producteurs de céréales, la surtaxe imposée par la Confédération est devenue insuffisante, le niveau des prix en Suisse étant supérieur d’environ dix francs.

La menace principale réside plus loin dans la chaîne de valeur. Bien que la farine et les céréales soient soumises à des droits de douane élevés, les importateurs de pâtons et de produits de boulangerie en provenance d’Europe profitent de réductions tarifaires, selon l’accord de libre-échange avec l’UE.

Deux motions déposées

« La pression est énorme », déclare Lorenz Hirt, directeur de la Fédération suisse des meuniers. Au cours des vingt dernières années, le marché des produits étrangers a triplé en Suisse. « La production nationale est désavantagée dans cette concurrence », ajoute-t-il. En conséquence, les surfaces dédiées aux céréales panifiables en Suisse ont diminué d’environ un tiers durant cette période.

La situation suscite des inquiétudes au Parlement, au-delà des clivages politiques. La conseillère nationale écologiste Christine Badertscher (BE) propose, par le biais d’une motion, d’augmenter le droit de douane maximal sur les céréales panifiables. Sa collègue UDC Katja Stettler-Riem (BE) appelle à la suppression des réductions tarifaires sur les produits de boulangerie importés. Bien que le Conseil national ait approuvé ces deux propositions, la commission compétente du Conseil des États a suggéré des alternatives. Au lieu d’augmenter les droits de douane, le contingent devrait être mis aux enchères et non plus attribué selon l’ordre de dépôt des demandes.

Des négociations avec Bruxelles ?

Le secteur avertit que cette solution pourrait être problématique. Modifier unilatéralement les contrôles aux frontières pour les produits transformés est presque impossible. Environ 93 % des produits semi-finis et finis importés proviennent de l’UE. Pour répondre efficacement aux exigences du Parlement, des négociations avec Bruxelles pourraient être nécessaires, une perspective jugée peu réjouissante.

Le problème du secret fiscal

L’association Marchés Équitables Suisse réclame davantage de transparence sur les importations de pâtons et de produits de boulangerie. Elle souhaite savoir quelles entreprises importent ces produits et en quelles quantités. Cependant, l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières pourrait transmettre ces données tout en préservant le secret des importateurs, ce qui complique la situation.

Pour l’heure, les acteurs de la filière se concentrent sur les propositions discutées à Berne. Avant le débat au Conseil des États, les meuniers, producteurs de céréales et boulangers-pâtissiers, soutenus par l’Union suisse des paysans, ont adressé une lettre aux parlementaires. Ils soutiennent les motions Badertscher et Stettler-Riem, à condition qu’elles soient adoptées ensemble.

Source : Article original.

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