Recensement au Cameroun : À la frontière avec le Gabon et la Guinée équatoriale, le difficile travail des agents
Au Cameroun, le quatrième recensement général de la population et de l’habitat, couplé au recensement général de l’agriculture et de l’élevage, s’achève le 15 septembre 2026. Les opérations ont été prolongées à trois reprises, alors que le dernier recensement remonte à 2005. Les agents recenseurs ont rencontré des difficultés dans les grandes villes comme Yaoundé et Douala, avec des refus de la part de certaines populations. Dernièrement, la coordination des équipes a achevé sa tournée nationale à Kyé-Ossi, dans le sud du pays, à la frontière avec le Gabon et la Guinée équatoriale.
« Il y a quelqu’un ? » lance Patrick, un agent recenseur, alors qu’il retourne dans un domicile où il a pris rendez-vous quelques jours auparavant. Ce dernier effectue ce qu’il appelle un « ratissage », une opération visant à identifier les personnes non recensées. À Kyé-Ossi, le recensement a été particulièrement complexe, confronté à des défis que les autorités locales ont dû gérer.
Joseph Victorien De Giamba, sous-préfet de Kyé-Ossi, souligne que ces difficultés résultent des flux migratoires des populations qui, pour des raisons économiques, se déplacent fréquemment entre le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Gabon, rendant la population instable.
La phase complémentaire de ratissage se termine le 15 septembre, mais les opérations se poursuivront dans des zones à conflits, désignées comme « zones rouges ». André Mbairanodji, coordonnateur national du recensement, précise que l’envoi d’agents recenseurs dans ces zones est risqué, et que des refus persistent malgré les efforts du gouvernement. L’objectif est d’obtenir des statistiques fiables.
Par la suite, une enquête post-censitaire sera réalisée pour valider les chiffres du recensement, qui sont estimés à environ 75 % de la population réelle du pays, selon les autorités compétentes.
Source : RFI

