Médicaments : une nouvelle proposition pourrait repousser leur date de péremption.

Médicaments : leur date de péremption pourrait être, enfin, repoussée

Médicaments : leur date de péremption pourrait être, enfin, repoussée

Et si l’on continuait de consommer des traitements toujours efficaces et sûrs après leur date de péremption ? Cette idée, bien que logiquement séduisante, nécessite des preuves de stabilité. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a missionné, le 26 août, quatorze laboratoires volontaires pour tester 73 molécules. Les résultats de ces tests, attendus dans cinq ans, détermineront officiellement quels médicaments pourront voir leur date de péremption prolongée.

Il y a deux ans, une enquête de l’UFC-Que Choisir révélait que 80 % des médicaments considérés comme périmés restaient efficaces des années après leur date de validité. Par exemple, un traitement à base de paracétamol affichait une date de péremption remontant à 1992.

Dans un contexte de budget santé constamment resserré et de pénuries de produits de santé, la question de la péremption des médicaments devient cruciale.

Les laboratoires renvoient la balle à l’État

Yann Mazens, chargé de mission pour France Assos Santé, indique que les laboratoires pourraient ne pas avoir intérêt à prolonger les dates de péremption pour des raisons économiques : « Plus les dates sont courtes, plus on en vend. »

Le lobby des entreprises du médicament, le Leem, affirme qu’il ne s’agit pas de choix commerciaux. Laure Lechertier, directrice du développement durable du laboratoire Upsa, précise que les laboratoires doivent mener des études de stabilité, d’efficacité et de sûreté sur une durée de trois ans pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché.

La majorité des traitements ont une date de conservation de deux à trois ans, et moins de 10 % atteignent cinq ans, selon l’ANSM. L’European Medicines Agency (EMA) a déclaré qu’elle pouvait demander aux laboratoires de prolonger la durée de conservation d’un médicament en cas de crise, à condition que ceux-ci prouvent la qualité du produit sur une période plus longue.

8 200 tonnes de médicaments non consommés collectées en 2025

Quatorze laboratoires ont répondu à l’appel à candidatures de l’ANSM pour expérimenter la stabilité de 73 molécules courantes, dont l’amoxicilline et le lithium. Ce mouvement pourrait être lié à l’intégration croissante de critères écologiques dans la négociation des prix des produits de santé en France. En 2025, 8 200 tonnes de médicaments non consommés ont été collectées, avec un coût pour l’Assurance maladie estimé entre 561 millions et 1,7 milliard d’euros, selon la Cour des comptes.

Des comprimés stables des années après la date

L’ANSM admet que certains médicaments pourraient avoir une durée de conservation plus longue. Sonia Khier, docteure en pharmacie, soutient que les formes sèches de médicaments, comme les gélules, restent généralement stables si elles sont conservées à l’abri de la lumière et de l’humidité.

Les médicaments sont testés dans différentes conditions climatiques pour valider leur date de péremption. Le laboratoire Upsa teste notamment ses produits dans des environnements à 25, 30 et 40 °C avec des niveaux d’humidité variés. L’expérimentation lancée par l’ANSM pourrait prendre plusieurs années avant de fournir des preuves formelles sur la stabilité et l’efficacité des médicaments au-delà de leur date de péremption.

Source : ANSM, UFC-Que Choisir, Leem, Cour des comptes.

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