Giorgia Meloni demande un rabais européen pour l’Italie
Giorgia Meloni, Première ministre italienne, a récemment réaffirmé la position de Rome concernant les rabais budgétaires de l’Union européenne (UE), mettant en garde que si d’autres pays continuent de défendre ce système qu’elle qualifie d’« anachronique », l’Italie exigera également un rabais. « Ces soi-disant rabais doivent être abolis. Si ce système est maintenu, nous demanderons que l’Italie, en tant que troisième contributeur net de l’UE, bénéficie du même privilège », a-t-elle déclaré devant le Parlement italien, à l’approche du sommet européen prévu la semaine prochaine.
Les rabais, qui constituent des réductions annuelles sur les contributions nationales au budget de l’UE, ne sont pas inclus dans les propositions de la Commission européenne, mais ont refait surface dans un document de négociation émis par la présidence danoise de l’UE en décembre dernier. L’Italie a constamment plaidé pour l’élimination de ce système.
Actuellement, des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark et l’Autriche bénéficient de milliards d’euros chaque année en raison de corrections apportées à leurs contributions dans le cadre du budget à long terme de l’UE. Ces nations ont réussi à conserver ce mécanisme lors des discussions sur le futur plan de dépenses septennal.
La tension monte déjà autour du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) à l’approche du Conseil européen, où les dirigeants discuteront des priorités et de l’ampleur du futur budget à long terme de l’Union. Les capitales de l’UE attendent la « négobox » du CFP, qui pour la première fois, précisera les montants et les domaines de dépenses envisagés. Bien que ce document soit susceptible d’évoluer, il établit les bases des négociations budgétaires.
Les diplomates anticipent que le nouveau projet inclura des réductions modestes « à tous les niveaux », mais pas de manière uniforme, comme l’ont demandé les pays contributeurs nets, tels que l’Allemagne et les Pays-Bas. Un diplomate de l’UE a souligné que « les positions autour de la table sont fermes et opposées », ajoutant que Chypre tente de faciliter le dialogue.
L’Italie fait partie du groupe des « Amis de la cohésion », une coalition de 16 pays qui défend un financement solide pour le développement régional et s’oppose aux coupes dans le budget de cohésion de l’UE. Ce groupe a demandé à plusieurs reprises la suppression des rabais.
En revanche, les pays dits « frugaux », dirigés par l’Allemagne et les Pays-Bas, s’opposent à un budget européen plus conséquent, invoquant la pression sur leurs finances nationales. Meloni a affirmé : « Ceux qui souhaitent financer de nouvelles priorités en réduisant les politiques traditionnelles devraient chercher ailleurs. Nous sommes prêts à investir dans la compétitivité et la défense, mais pas au détriment de l’agriculture, de la pêche et de la cohésion. »
L’Italie a déjà menacé de bloquer le projet de conclusions du Conseil européen si la question des rabais n’était pas retirée des négociations.
Source : Euractiv
