Un week-end à Timisoara : « Ici, l’art est partout »
Capitale européenne de la culture en 2023, Timisoara n’a pas tiré le rideau depuis. Derrière ses façades de style Sécession, la ville témoigne d’une scène artistique foisonnante, portée par ses étudiants, ses créateurs et ses institutions ouvertes sur le monde. Cette effervescence prend largement racine à la faculté des arts et du design de l’Université de l’Ouest (UVT). Héritière d’une longue tradition d’enseignement artistique, elle forme aujourd’hui la relève. Dans ses ateliers, les disciplines se croisent : nouvelles technologies, architecture, espace urbain et enjeux de société nourrissent une approche ouverte des pratiques visuelles. L’établissement est devenu un véritable incubateur d’idées, à l’image d’une ville qui cherche moins à figer son passé qu’à le prolonger. Parmi ses initiatives phares figure Interdesign, rendez-vous consacré aux liens entre conception, innovation et usages contemporains, et La Mansarde, espace d’exposition et d’expérimentation, qui accompagne les jeunes talents.
Cette passerelle entre formation et scène émergente se retrouve à la fondation Art Encounters, créée en 2015. Sa directrice artistique, Diana Marincu, incarne la nouvelle génération timisoaraise : ancienne étudiante de la faculté des arts et du design, elle a contribué à faire d’Arts Encounters une plateforme de dialogue entre artistes roumains et acteurs de la scène mondiale. Ce mois-ci, la fondation accueille Picasso en visite, une réunion conséquente d’œuvres du maître espagnol issues de la collection du musée d’Antibes qui porte son nom. De quoi renforcer un peu plus la visibilité culturelle de Timisoara en Europe. L’héritage classique n’est pas en reste : dans le Palais baroque, le Musée national d’art, à qui l’on doit les récentes rétrospectives autour de Brancusi et Caravage, poursuit son exploration des grands courants européens. Cet automne, la saison culturelle Italie – Roumanie y mettra à l’honneur les liens historiques entre les deux territoires, rappelant que Timisoara a toujours été un carrefour d’influences.
Mais la création ne s’arrête pas aux portes des institutions. Cristian Sida, peintre roumain reconnu à l’international, dont la peinture explore les rapports entre mémoire, identité et perception, a ainsi conçu le visuel officiel de l’UVT Liberty Marathon 2026 qui se déroulera le dernier week-end de septembre. « A Timisoara, l’art est partout », résume Marilen Pirtea. Recteur de l’Université de l’Ouest, il vient de signer un accord avec Sorbonne Université, qui donnera lieu à des échanges, y compris artistiques, entre son pays et le nôtre.
Source : L’Express
