Philippe Aghion : Produire de la richesse est essentiel pour sa distribution équitable.

« Pour distribuer de la richesse, il faut la produire ! », estime le Nobel d'économie Philippe Aghion

Pour distribuer de la richesse, il faut la produire, estime le Nobel d’économie Philippe Aghion

Philippe Aghion, économiste français et lauréat du prix Nobel, souligne l’importance de l’innovation comme moteur de croissance économique. Dans ses réflexions, il évoque le concept de « destruction créatrice » proposé par Joseph Schumpeter au XIXᵉ siècle, qui stipule que les nouvelles innovations rendent les anciennes obsolètes, mais sans avoir établi de modèle économique clair à ce sujet.

Aghion explique que l’innovation génère des rentes temporaires, mais qu’elle crée également une contradiction : les innovateurs passés peuvent être tentés d’entraver le progrès pour préserver leurs avantages. Pour contrer cette tendance, il plaide pour une régulation des monopoles afin de favoriser un environnement où de nouvelles générations d’innovateurs peuvent émerger.

Il évoque également son parcours personnel, ayant été communiste pendant une décennie, ce qui l’a sensibilisé aux inégalités d’accès aux opportunités. Sa conviction est que « pour distribuer de la richesse, il faut la produire », une richesse qui découle de la croissance, elle-même alimentée par l’innovation.

Aghion rappelle qu’entre l’ère de Jésus-Christ et 1820, le PIB mondial est resté constant, jusqu’à ce que la révolution industrielle, alimentée par des innovations majeures comme la machine à vapeur, transforme ce paysage économique. Il note que les vagues d’innovation, y compris l’électricité et les technologies de l’information, ont été essentielles pour créer de la croissance.

Depuis 2008, ses idées ont été reconnues au plus haut niveau de l’État, notamment lors de la Commission Attali mise en place par Nicolas Sarkozy. Cette commission, composée de personnalités de divers horizons politiques, a conclu que la France devait évoluer vers une croissance fondée sur l’innovation, après une période de rattrapage post-Seconde Guerre mondiale. Aghion déplore que de nombreuses recommandations de cette commission n’aient pas été mises en œuvre deux décennies plus tard.

Ses interactions avec les présidents de la République ont souvent été frustrantes, car il estime que les décisions politiques ne tiennent pas toujours compte des recommandations économiques. Il a également exprimé des désaccords avec Emmanuel Macron, notamment sur la réforme des retraites, malgré son rôle dans l’élaboration de son programme présidentiel.

Philippe Aghion continue de défendre l’idée que l’innovation est essentielle pour une prospérité partagée et un développement économique durable.

Source : Public Sénat

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