Assurance-vie : conditions pour récupérer les fonds investis en non-coté en France

Assurance-vie : peut-on récupérer son argent investi en non-coté ?

Assurance-vie : peut-on récupérer son argent investi en non-coté ?

Votre argent peut-il vraiment rester disponible lorsque l’actif dans lequel il est investi ne l’est pas ? C’est tout le paradoxe du non-coté en assurance-vie. Les placements tels que le private equity, la dette privée ou l’immobilier ne s’échangent pas quotidiennement en Bourse, et leur revente peut prendre du temps. Pourtant, l’épargnant conserve en principe la possibilité de demander le rachat de son contrat.

Ce mécanisme repose sur le fonctionnement de l’assurance-vie. L’épargnant ne possède pas directement les titres logés dans l’unité de compte ; ils sont détenus par l’asur. « L’asur apporte finalement de la liquidité au client pour un actif non liquide », résume Johan Attal, expert en assurance-vie. La compagnie peut ainsi devoir verser la valeur du rachat alors même qu’elle n’a pas encore pu céder l’actif correspondant.

L’asur joue le rôle de tampon

Le risque de liquidité est donc un enjeu majeur. « Il peut y avoir un décalage entre la demande de rachat du client et la compagnie qui ne va pas pouvoir vendre ce titre, mais qui va être obligée de payer le client », explique Johan Attal. Pour limiter ce risque, certaines compagnies encadrent l’exposition aux actifs illiquides. Des contrats peuvent ainsi plafonner la part investie dans le non-coté ou l’immobilier.

Jusqu’à plusieurs semaines pour récupérer son argent

Disponible ne veut pas dire disponible immédiatement. Un support non coté n’est pas nécessairement valorisé chaque jour. Selon Johan Attal, certains supports sont valorisés chaque semaine ou toutes les deux semaines. Dans les cas observés par l’expert, un délai de 15 jours à un mois est généralement requis pour récupérer les fonds.

La loi impose toutefois une limite : lors d’un rachat, l’asur doit verser la valeur du contrat dans un délai maximal de deux mois après réception de la demande. Le montant reçu peut également différer de celui affiché le jour de la demande. « Jamais personne ne connaît la valeur de part au moment où il demande un rachat », rappelle Johan Attal.

La sortie peut aussi coûter cher

La liquidité a parfois un prix. Des frais ou pénalités de sortie peuvent être stipulés selon le contrat et le support. Dans certaines circonstances, les conditions de sortie peuvent être durcies. Avant d’investir, il est donc crucial de vérifier les conditions générales.

Le risque de liquidité varie également selon les actifs. « La dette privée est généralement plus prévisible si elle est à court terme », estime Johan Attal. Le private equity peut être plus contraignant, et les récents défis rencontrés par certains fonds immobiliers rappellent que ce secteur n’est pas exempt de tensions de liquidité.

Avant de souscrire, il est essentiel d’examiner les conditions générales et les éventuels avenants, notamment les modalités de rachat et d’arbitrage, la fréquence de valorisation et les frais de sortie. L’argent investi dans le non-coté n’est donc pas nécessairement bloqué, mais « disponible » ne signifie ni immédiatement, ni toujours sans frais.

Source : Capital.fr

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