Droit au développement : les inégalités persistent
Lors d’une table ronde à Genève, Awa Dabo, Haute-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, a souligné que les avancées depuis 1986 en matière de droit au développement sont inégalement réparties. Elle a évoqué la situation en Gambie, où de nombreux jeunes se voient contraints de fuir leur pays à la recherche d’opportunités, souvent au péril de leur vie.
Malgré des progrès notables, tels qu’une augmentation des revenus, un meilleur accès à l’éducation et des systèmes de santé renforcés, les inégalités demeurent préoccupantes. Mme Dabo a averti que ces disparités affectent des centaines de millions de personnes, sapant leurs espoirs et leurs droits. Le dernier rapport du World Inequality Lab révèle que les revenus cumulés de la moitié de la population adulte mondiale, soit environ 2,8 milliards de personnes, sont équivalents à ceux des 5 600 individus les plus riches de la planète.
Les inégalités sont particulièrement marquées dans le domaine de l’éducation, où les dépenses annuelles par enfant s’élèvent à environ 200 euros en Afrique subsaharienne, contre 7 400 euros en Europe et 9 000 euros en Amérique du Nord et en Océanie. Ces disparités compromettent les perspectives de développement des jeunes générations.
À l’approche de l’échéance de 2030, les Objectifs de développement durable accusent un retard alarmant, avec un déficit annuel de financement du développement dépassant 4 000 milliards de dollars. Seuls 36 % des cibles mesurables sont sur la bonne voie, tandis que 15 % ont régressé depuis 2015. L’endettement croissant et la baisse de l’aide internationale au développement exacerbent ces défis.
Awa Dabo a conclu en appelant à renforcer la coopération internationale et à placer les droits humains au cœur des politiques économiques, affirmant qu’il est urgent de concrétiser le droit au développement sans attendre quarante ans de plus.
Source : ONU

