Coupe du Monde : Pacho, l’“enfant turbulent” qui fait rêver l’Équateur
Mercredi 3 juin au soir, Willian Pacho et Piero Hincapié ont été accueillis sous un tonnerre d’applaudissements par leurs coéquipiers à l’hôtel de la sélection équatorienne à Columbus, aux États-Unis. Tout juste auréolés d’une finale de Ligue des champions – remportée par le Paris Saint-Germain (PSG) de Pacho face à l’Arsenal de Hincapié – les deux défenseurs centraux se sont réunis avec le milieu Moisés Caicedo pour reformer la fameuse “génération dorée” du football équatorien, qui nourrit de grandes ambitions pour la Coupe du monde qui s’ouvre le 11 juin. Mais c’est bien le Parisien Pacho, qualifié par GK de “meilleur défenseur du monde”, qui attire tous les regards d’un pays en pleine “Pachomania”.
Né en 2001 à Quinindé, une petite ville de la province d’Esmeraldas, Willian Joel Pacho Tenorio était décrit comme un “enfant turbulent qui aimait grimper aux arbres, sur les toits et sur les poteaux des buts”. Son parcours footballistique a commencé au sein d’Independiente del Valle, un club fondé en 1958, où il a été repéré pour ses capacités athlétiques.
Arrivé au centre de formation en 2016, il y a croisé Caicedo et Hincapié. En 2019, il a perdu sa mère, décédée d’un cancer à l’âge de 51 ans, et a depuis arboré le numéro 51 en son hommage. En 2022, après un transfert au Royal Antwerp Football Club, il a participé à la Coupe du monde au Qatar, où il est resté sur le banc.
Depuis son arrivée au PSG en août 2024, Pacho s’est affirmé comme un “fils de Paris”. En moins de deux ans, il a remporté cinq titres nationaux et deux Ligues des champions. Son importance tactique a été soulignée lors de la finale de la Coupe intercontinentale contre Chelsea, où son absence a été perçue comme un facteur clé dans la victoire des Londoniens.
À Quinindé, chaque intervention défensive de Pacho est applaudie. Il organise des distributions de jouets et de colis alimentaires depuis l’Europe et a offert des ballons et équipements au club local. Son oncle, Ricardo Pacho, a déclaré : “Il disait toujours qu’un jour un Pacho serait à la télé. Aujourd’hui, ce rêve est devenu réalité. C’est toute la province qui a gagné.”
Le succès de Pacho dépasse le simple exploit individuel. Selon Juan Carlos Holguín, ancien homme politique et chroniqueur, le profil du joueur équatorien, sa puissance physique et sa capacité d’adaptation aux marchés européens ont déjà fait leurs preuves. Il reste à développer une “identité de jeu reconnaissable” dès les catégories jeunes.
Source : El Comercio, GK, El País América, Expreso.
