Pesticides et vitamines : faut-il éplucher les fruits et légumes ?
Croquer une pomme entière, éplucher systématiquement ses courgettes ou manger les pommes de terre avec leur peau : chacun a ses habitudes. Cependant, cette question soulève des enjeux nutritionnels et sanitaires importants : que gagne-t-on à conserver la peau, et que risque-t-on à la consommer ? Il est essentiel de comprendre comment équilibrer les bénéfices et les risques associés à la consommation de fruits et légumes.
La peau des fruits et légumes : plus nutritive ?
Pour certains fruits et légumes, la peau contient effectivement plus de micronutriments que la chair. Alexandra Murcier, diététicienne, souligne que la peau n’est pas simplement un « emballage » ; elle constitue une barrière de protection contre divers agressions extérieures, comme les rayons UV et les parasites. C’est dans cette peau que la plante concentre souvent des composés protecteurs et nutritifs.
Les antioxydants, par exemple, sont souvent plus abondants dans la peau, contribuant à la protection des cellules contre le stress oxydatif, un facteur de vieillissement cellulaire et de diverses maladies chroniques. La peau de la pomme peut contenir jusqu’à 4,5 fois plus de polyphénols que la chair. De plus, jusqu’à 31 % des fibres totales d’un fruit ou légume peuvent se trouver dans sa peau.
Cependant, Dans certains cas, la différence est négligeable. Éplucher peut donc entraîner une perte de certaines qualités nutritionnelles, mais l’ampleur de cette perte dépend du type de fruit ou de légume.
Pesticides : une préoccupation persistante
En France, deux types de pesticides sont utilisés : les pesticides de contact et les systémiques. Les premiers restent principalement en surface, tandis que les seconds peuvent pénétrer dans la chair des fruits et légumes. Cela dépend de plusieurs facteurs, comme le type de pesticide et la maturité du produit.
Il est donc possible de retrouver des résidus de pesticides dans la peau, mais aussi dans la chair, où ils ne peuvent être éliminés par le lavage. Éplucher réduit généralement l’exposition aux résidus, mais cela ne garantit pas qu’un produit épluché soit exempt de pesticides.
Que faire alors ?
Éplucher peut réduire l’exposition aux pesticides, mais cela prive également l’aliment d’une partie de ses fibres et composés antioxydants. Les données de l’EFSA indiquent qu’en 2024, 98,2 % des échantillons alimentaires prélevés en Europe respectaient les limites réglementaires concernant les pesticides. Cela suggère que le risque pour la santé lié aux résidus de pesticides est faible.
Les gros consommateurs de fruits et légumes peuvent avoir plus de raisons de s’inquiéter de leur exposition aux pesticides et juger plus prudent d’éplucher leurs aliments. En revanche, ceux qui consomment peu de fruits et légumes pourraient privilégier un lavage soigneux plutôt que l’épluchage.
Conclusion
Il n’existe pas de réponse universelle à la question de l’épluchage. Il est préférable de trouver un compromis selon l’aliment et les habitudes de consommation. Laver soigneusement les fruits et légumes, varier les produits consommés et, lorsque cela est pertinent, éplucher certains aliments permettent de limiter l’exposition aux pesticides sans renoncer aux bienfaits d’une alimentation riche en végétaux.
Source : Santé Magazine

