Yémen : Des dizaines de milliers de personnes déplacées par les combats dans le sud-ouest
Des affrontements intensifiés dans le sud-ouest du Yémen ont conduit à des déplacements massifs, touchant principalement les gouvernorats de la côte ouest et de Taïz. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le nombre de personnes déplacées pourrait encore augmenter rapidement, alors que la situation continue de se détériorer.
« Des familles sont contraintes de fuir pour la deuxième ou la troisième fois depuis le début de ce conflit, sans presque plus rien », a déclaré Amy Pope, directrice générale de l’OIM. La nuit dernière, de nombreux habitants de la ville de Mokha, sur la côte de la mer Rouge, ont quitté leur domicile avec leurs maigres possessions.
Des villages vidés et des routes coupées
De nouveaux déplacements sont signalés vers les gouvernorats de Lahj et d’Aden, tandis que d’autres se dirigent vers le nord, vers Ibb. Des villages entiers se sont vidés dans les districts de Maqbanah, Jabal Habashi et Al Ma’afer, alors que les combats menacent des zones densément peuplées. La route reliant Mokha à Taïz, essentielle pour l’acheminement de l’aide, a également été coupée, mettant sous pression les communautés d’accueil.
L’OIM appelle toutes les parties à garantir un accès humanitaire sûr et durable, à protéger les travailleurs humanitaires et à rétablir les voies de communication nécessaires à l’acheminement de l’aide. Les besoins les plus urgents concernent les abris, la nourriture, l’eau, les articles ménagers essentiels, les soins de santé et la protection.
Des civils également victimes
La récente escalade des combats a eu lieu après plusieurs années d’accalmie relative, dans un contexte régional dégradé depuis fin février. Les affrontements de la semaine dernière auraient causé des centaines de morts des deux côtés, principalement parmi les combattants. Cependant, les civils ne sont pas épargnés. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) rapporte au moins 14 civils tués ou blessés entre le début de septembre et le 10 septembre, dont deux enfants.
Un système de santé à bout de souffle
Cette flambée de violence met également à rude épreuve un système de santé déjà gravement fragilisé. Les hôpitaux de Marib, Hadramout et Taïz font face à un afflux de patients souffrant de traumatismes, alors que les services d’urgence, de chirurgie et de soins intensifs sont débordés. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), seuls 60 % des établissements de santé du pays fonctionnent entièrement.
À l’hôpital général de Marib, les services de maternité ont été temporairement suspendus pour mobiliser des ressources pour les blessés, et la morgue est dépassée par le nombre de décès. Cette réaffectation des ressources vers les soins traumatologiques intervient alors que les établissements manquent déjà de personnel, de lits et de fournitures médicales, menaçant l’accès aux soins pour l’ensemble de la population.
Source : OIM, OCHA, OMS

