Les professeurs vont mal : l’affaire Bétharram affecte le moral des enseignants du privé
« Les enseignants ont le sentiment que l’image de l’enseignement privé s’est profondément dégradée, mais qu’elle ne correspond pas tout à fait à la réalité qu’ils connaissent », a déclaré Valérie Ginet, secrétaire générale de la Fep-CFDT, lors de la présentation d’une enquête sur le moral des enseignants du privé. Cette perception est largement influencée par ce qu’elle qualifie de « prisme Bétharram », en référence à la médiatisation des scandales de violences physiques et sexuelles survenus à Notre-Dame-de-Bétharram et dans d’autres établissements privés.
Un cadre de contrôle renforcé
L’étude, réalisée par l’institut de sondage Ifop auprès de 2 141 professeurs du secteur entre le 20 mai et le 22 juin 2026, révèle que 70 % des répondants considèrent l’image de l’enseignement privé comme négative. Près de trois quarts (73 %) la jugent caricaturale, tandis que 60 % estiment qu’elle nuit à l’attractivité du métier. De plus, 52 % des enseignants pensent que cette image fragilise la confiance des familles envers le secteur. Enfin, 23 % affirment qu’elle ne reflète pas la réalité de leur profession.
Le scandale Bétharram a conduit à des changements significatifs. En mars 2025, l’ex-ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, a lancé un plan d’inspection visant 40 % des établissements privés sous contrat en deux ans. Son successeur, Édouard Geffray, a annoncé que 1 500 contrôles avaient été réalisés ou engagés, entraînant 442 mises en demeure et six signalements à la justice.
« Les professeurs vont mal »
L’enquête met également en lumière un malaise plus général parmi les enseignants. Selon Valérie Ginet, « les professeurs vont mal » : 96 % des répondants utilisent au moins un terme négatif pour décrire leur situation professionnelle. Les sentiments d’inquiétude (53 %), de lassitude (47 %) et d’impuissance (44 %) sont les plus fréquemment cités. Les enseignants pointent également une charge de travail excessive (28 %), une rémunération jugée insuffisante (26 %) et un manque de soutien institutionnel (25 %).
Cette situation soulève des questions sur l’avenir de l’enseignement privé et sur la nécessité d’un soutien accru pour les enseignants, dans un contexte où leur moral est déjà affaibli par des événements récents.
Source : Sud Ouest

