Yémen : les États-Unis jouent les équilibristes face à la menace houthiste
Alors que la situation s’envenime entre l’Arabie saoudite et les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par l’Iran, ces derniers menacent de prendre le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb. Riyad, qui dépend fortement de ce passage pour ses exportations pétrolières, multiplie les appels à Washington. Le 10 septembre, Mohammed Ben Salmane a sollicité à deux reprises Donald Trump pour obtenir des frappes contre les houthistes, selon le média américain Axios.
Pour l’heure, le président américain a refusé, cherchant à éviter une action militaire directe susceptible de causer des pertes américaines. Les États-Unis ne participent pas non plus au ravitaillement en vol des avions de combat saoudiens, contrairement aux précédents affrontements. Un haut responsable américain a exprimé une méfiance quant à une association trop étroite avec une campagne de frappes saoudiennes, surtout en cas de victimes civiles.
Washington reste néanmoins préoccupé par la situation et a dépêché l’amiral Brad Cooper, commandant au sein du CENTCOM, pour des réunions de coordination en Arabie saoudite. Les États-Unis privilégient un partage accru de renseignements avec Riyad, avec environ 100 conseillers militaires sur le terrain pour fournir des données géospatiales et de ciblage.
Le niveau de confrontation entre l’Arabie saoudite et les houthistes est à son plus haut depuis 2022. Les tensions ont escaladé en juillet lorsque Riyad a empêché un avion iranien transportant des responsables houthistes d’atterrir. La demande de MBS pour une action militaire directe des États-Unis marque un revirement par rapport à la position précédente de Riyad, qui se disait capable de gérer la situation seul.
Jeudi, les rebelles houthistes ont pris le contrôle de Mokha, une ville côtière stratégique près du détroit de Bab el-Mandeb. Soutenus par une centaine d’officiers iraniens, ils menacent de fermer ce passage vital, ce qui conférerait à Téhéran un moyen de pression considérable sur les États-Unis et leurs alliés du Golfe, risquant ainsi de provoquer une crise commerciale majeure.
Source : L’Express

