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Elon Musk ne figure plus sur des listes d’invités aux galas de la Maison Blanche. Mais sa rupture brutale avec Donald Trump pourrait avoir des répercussions significatives pour les deux camps.
« Sortez le pop-corn », a prévenu Chaim Siegel, analyste chez la société de conseil financier Elazar Advisors, après les échanges acrimonieux entre deux des personnalités les plus puissantes au monde sur leurs réseaux sociaux. « Je n’ai jamais vu deux personnes de cette stature s’affronter aussi violemment depuis que je suis dans le métier. Ce n’est bon pour aucun des deux camps », a-t-il déclaré.
Les proches de Trump craignent que ce divorce très public entre le président et Musk, qui se sont accusés de « folie » pour l’un et « d’ingratitude » pour l’autre, ait des conséquences sur les prochaines élections, dès l’an prochain. Ils redoutent également que cela n’affaiblisse les liens entre l’administration et les milliardaires de la Silicon Valley, dont certains avaient soutenu Trump l’an dernier.
« Choc des Titans »
Cet affrontement, qualifié de « Choc des Titans » par les médias américains, a ébranlé la fragile coalition entre le mouvement « Maga » (« Make America Great Again ») de Trump et les « tech bros » favorables à Musk. Des trumpistes influents, comme l’idéologue d’extrême droite Steve Bannon, ont demandé d’enquêter sur le statut migratoire d’Elon Musk, sur son habilité à accéder à des informations confidentielles et sur sa consommation présumée de drogues.
Au Congrès, des républicains ont appelé à un cessez-le-feu, craignant qu’Elon Musk ne cherche à se venger lors des élections de mi-mandat de novembre 2026, notamment avec sa fortune. Le milliardaire et financier Bill Ackman a également demandé aux deux hommes de « faire la paix pour le bien du pays ».
« Pour encore 40 ans »
Musk, l’homme le plus riche du monde, a contribué à hauteur de 290 millions de dollars à la campagne de Trump et d’autres républicains en 2024. Aujourd’hui, il considère que l’ex-magnat de l’immobilier « aurait perdu » la présidentielle sans lui. En récompense de son soutien financier, il avait obtenu de prendre la tête d’une commission gouvernementale chargée de tailler dans les dépenses publiques.
Ce rôle a toutefois plombé sa popularité et celle de ses Tesla, désormais menacées par la « grande et belle loi » budgétaire de Trump, qui prévoit la suppression du crédit d’impôts pour l’achat d’un véhicule électrique. Ce mégaprojet de loi est d’ailleurs à l’origine du divorce Trump/Musk. Le président menace maintenant de lui supprimer ses nombreux contrats avec le gouvernement, alors que son groupe aérospatial SpaceX bénéficie de plus de 22 milliards de dollars d’argent public.
« SpaceX est très lié au gouvernement », as Dan Ives, analyste de Wedbush Securities. « Vous ne pouvez pas avoir un ennemi (à la Maison Blanche) qui était auparavant votre meilleur ami. »
Si Donald Trump est souvent belliqueux sur les réseaux sociaux, il s’est montré plus modéré ces derniers jours, craignant peut-être que son ancien allié ne parvienne à convaincre le Congrès de saborder sa « grande et belle loi ». Même si les parlementaires républicains avaient d’abord accueilli Musk à bras ouverts, ils se sont rangés derrière le président.
Donald Trump s’est fait une spécialité d’évincer ceux qui ne suivent pas sa ligne de conduite. « À chaque message, le public est plus en phase avec le président et Musk perd ses faveurs », estime Kevin Hern, un parlementaire républicain. Elon Musk a prévenu sur X : « Trump a encore trois ans et demi en tant que président. Moi, je serai là pour encore 40 ans. »
Source : Brut

