Pénurie de médecins de famille : la relève appelle à des mesures urgentes en santé publique

Pénurie de médecins de famille : la relève demande des mes

Pénurie de médecins de famille : la relève demande des mes

Entre surcharge de patients et déséquilibre villes/campagnes, l’écosystème autour des médecins de famille est en pleine mutation. Face à ce constat, les représentants des jeunes praticiens demandent des mes fortes de la part des autorités.

En Suisse, 100 % des jeunes médecins de famille déclarent avoir trop de patients, ce qui pousse un grand nombre d’entre eux à refuser d’en accueillir de nouveaux. Ce constat, réalisé par l’Université de Berne et l’Association des jeunes médecins de famille suisse (JHaS), alerte sur une situation tendue. « On est la première porte à laquelle les patients toquent et si on n’ouvre plus, on a un problème », déclare la docteure Linda Habib, coprésidente de la JHaS.

Pour l’association, il est impératif d’adapter les conditions de travail afin d’attirer la relève. « La relève est là. Mais si nous n’agissons pas maintenant, nous la perdrons au profit d’autres spécialités. Si nous voulons encore pouvoir compter demain sur un médecin de famille pour nos proches, les conditions cadres doivent changer dès maintenant », peut-on lire dans le communiqué de la JHaS.

Selon une enquête, ce sont plutôt les centres-villes qui pourraient souffrir de la pénurie. Les jeunes praticiens affichent leur préférence pour les banlieues (48 %) et les zones rurales (36 %), plutôt que pour les zones urbaines (16 %). Cependant, seuls 3 % des jeunes médecins souhaitent travailler dans un cabinet individuel, tandis que 74 % préfèrent une petite structure avec 2 à 5 collègues.

L’association réclame des décisions politiques allant au-delà de la simple création de places d’études supplémentaires. Pour attirer et retenir la relève, il est nécessaire de favoriser une formation axée sur la pratique, d’améliorer les conditions de travail, et de réduire les obstacles administratifs. « Aujourd’hui, il faut vraiment encourager l’interprofessionnalité, travailler avec les assistantes médicales, les infirmières en pratique avancée », souligne Linda Habib.

Enfin, la JHaS demande une rémunération appropriée des médecins de famille. « Les soins de base ambulatoires prennent en charge environ 94 % des problèmes de santé, pour seulement 8 % environ des coûts de la santé », indique l’association, qui ajoute que « renforcer les soins de base n’est donc pas une dépense, mais un investissement dans la partie la plus efficiente du système de santé suisse ».

Le diagnostic est posé, le remède est énoncé, reste aux professionnels du système de santé, aux cantons et à la Confédération de mettre en place un protocole de guérison. Et surtout, trouver comment le financer.

Source : Matthieu Hoffstetter/edel

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