Nouveau manager : la confiance de l’équipe ne se construit pas de zéro
Un nouveau manager est souvent convaincu qu’il doit gagner la confiance de son équipe depuis le début. Valérie Petitpierre, ancienne Cheffe de cabinet du directeur général du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), souligne que la confiance est un héritage ; le manager qui l’ignore risque de la perdre.
Contexte factuel
Lorsqu’un cadre prend un nouveau poste, il pense souvent devoir prouver sa valeur comme si l’équipe qu’il rejoint n’avait aucune mémoire. Valérie Petitpierre, qui a exercé plusieurs missions sur le terrain, a constaté qu’elle n’avait jamais eu à établir une relation de confiance à partir de rien. Au contraire, elle s’inscrivait dans un travail entamé par des collègues précédents, ce qui modifie considérablement la posture d’un manager.
Le CICR, présent dans certains contextes depuis des décennies, permet à ses délégués d’hériter d’un capital de confiance construit au fil du temps. Pour Petitpierre, le défi n’était pas de convaincre une communauté de la légitimité de l’organisation, mais de préserver et développer une confiance déjà établie.
Données ou statistiques
L’importance de cette continuité est également pertinente dans le monde de l’entreprise. Une équipe possède une histoire avant l’arrivée d’un nouveau manager, incluant des habitudes de travail et des accords tacites. Ignorer cette histoire peut entraîner une résistance, souvent attribuée au changement, alors qu’elle résulte d’une méconnaissance des dynamiques préexistantes.
Conséquence directe
Un manager qui souhaite tout remettre en jeu envoie un signal clair à son équipe : rien de ce qui a été accompli auparavant n’a de valeur. Cette attitude peut fragiliser les relations et créer des silences, des réponses évasives et une coopération minimale, rendant ainsi difficile l’adhésion à de nouvelles initiatives.
En conclusion, un manager n’a pas à tout reconstruire, mais doit plutôt comprendre ce qui existait avant lui et choisir ce qu’il souhaite faire fructifier. La confiance d’une équipe ne lui appartient pas entièrement et se perd plus rapidement qu’elle ne se construit.
Source : Valérie Petitpierre, interviewée dans le podcast « Les coulisses de l’humanitaire ».

