Le réchauffement climatique sous-estimé de 0,4 °C selon des chercheurs internationaux.

Le réchauffement climatique à venir pourrait avoir été sous-estimé de 0,4 °C

Le réchauffement climatique à venir pourrait avoir été sous-estimé de 0,4 °C

10 septembre 2026 à 11h00
Mis à jour le 10 septembre 2026 à 11h20
Durée de lecture : 5 minutes

Les projections actuelles concernant le réchauffement climatique, qui indiquent une augmentation d’environ 2,7 °C d’ici la fin du siècle, pourraient être sous-estimées de près de 0,4 °C. Cette affirmation provient d’une étude publiée le 10 septembre dans la revue Environmental Research Letters. Les chercheurs soulignent que certaines sources d’émission de carbone, notamment celles provenant du pergélisol, des feux de forêt, des zones humides et des milieux d’eau douce, sont souvent absentes ou mal prises en compte dans les modèles climatiques.

Ces écosystèmes contribuent à des boucles de rétroaction positive. En effet, le réchauffement climatique favorise des émissions de carbone provenant de sources « naturelles », intensifiant ainsi le réchauffement dans un cycle autocontradictoire. Par exemple, le dégel du pergélisol dans les régions arctiques réactive les micro-organismes, libérant du carbone. De même, le changement climatique accroît la fréquence des feux de forêt, libérant le carbone stocké dans les arbres, tandis que la chaleur stimule la vie microbienne dans les zones humides, entraînant une augmentation des émissions de méthane.

Les auteurs de l’étude ont intégré ces quatre processus dans un modèle climatique simplifié. Ils estiment qu’avec les politiques climatiques actuelles, la hausse supplémentaire de température pourrait atteindre 0,4 °C. Ce chiffre est significatif, car une différence de 0,5 °C entre un réchauffement de 1,5 °C et 2 °C expose 10 millions de personnes supplémentaires aux risques liés à la montée des eaux et pourrait entraîner la disparition de 99 % des coraux.

Dans un scénario d’actions climatiques ambitieuses, limitant le réchauffement en dessous de 2 °C, la hausse serait d’environ 0,2 °C, le pergélisol étant responsable de près de la moitié de cette augmentation. Les chercheurs ont exprimé leur surprise quant à l’ampleur de l’influence de ces boucles de rétroaction, soulignant l’urgence de réduire rapidement les émissions liées aux énergies fossiles.

Philippe Ciais, spécialiste du cycle du carbone au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, a noté que ces incertitudes sont partiellement prises en compte dans les rapports climatiques récents, mais que les effets combinés de ces phénomènes pourraient être plus importants que prévu. Il reste essentiel de mieux intégrer ces éléments dans les modèles climatiques pour éviter de sous-estimer la gravité du réchauffement à venir et de stimer le budget carbone restant.

La conclusion est claire : il est urgent d’engager une transition rapide vers des énergies renouvelables et de repenser le système agro-alimentaire, afin de préserver l’avenir de la vie humaine sur la planète.

Source : Environmental Research Letters, 10 septembre 2026

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