Pourquoi ne pas donner plus de noms modernes aux établissements scolaires ?
Les établissements scolaires français sont souvent nommés d’après des figures historiques emblématiques, telles que Victor Hugo, Louis Pasteur ou Antoine de Saint-Exupéry. Cependant, une étude du Conseil d’évaluation de l’École (CEE), relayée par le ministère de l’Éducation nationale, révèle qu’en 2023, près de 100 000 élèves étaient scolarisés dans des écoles portant le nom de Jules Ferry, et plus de 50 000 dans des collèges ou lycées Jean Moulin. L’étude montre que les noms les plus fréquents sont souvent associés à des personnalités décédées.
En effet, d’après le rapport du CEE, en 2023, l’ensemble des personnalités présentes dans les dix noms les plus courants pour les écoles, collèges et lycées publics étaient décédées. Seuls 34 % des écoles, 33 % des collèges et 30 % des lycées portaient le nom d’une personnalité ayant œuvré entre 1940 et aujourd’hui.
Des valeurs mais peu d’identification
Le ministère de l’Éducation nationale précise que le nom d’un établissement scolaire « est souvent porteur de valeurs […] véhiculées par des personnages historiques ». Cependant, rien n’oblige les collectivités territoriales à se limiter à des personnalités décédées. Céline Pavageau, principale du collège Violette Dorange à Legé (Loire-Atlantique), note que donner le nom d’une personnalité actuelle à un établissement scolaire devient « de plus en plus fréquent ». Dans le même département, on trouve des collèges portant les noms d’Angela Davis, Isabelle Autissier et Mona Ozouf.
D’autres départements font preuve d’originalité, comme Osny (Val-d’Oise), avec un collège Marie-José Perec, ou Castres (Tarn) avec un collège Thomas Pesquet.
Une prise de risque ?
Cette tendance à nommer des établissements d’après des personnalités encore en vie n’est pas sans risque. Vincent Danis, vice-président du département à l’éducation, souligne qu’il existe la possibilité que ces personnalités ne correspondent plus aux valeurs de l’Éducation nationale dans les années à venir. Cependant, ce risque s’applique également aux figures historiques, comme l’exemple des rues et places dédiées à l’abbé Pierre, récemment rebaptisées à la suite de révélations d’accusations de violences sexuelles.
Depuis 2017, la féminisation des noms est également en hausse, avec 44 % des noms de personnalités nouvellement attribués aux établissements étant ceux de femmes. Cependant, en 2023, seule la physicienne Marie Curie figurait dans le top 10 des noms les plus courants pour les établissements, tandis que la sculptrice Camille Claudel se contentait d’une modeste dixième place pour les lycées.
Conclusion
Alors que les établissements scolaires continuent de porter des noms de figures historiques, la tendance vers des personnalités contemporaines pourrait offrir aux élèves des modèles d’identification plus pertinents. Toutefois, cette évolution soulève des questions sur la pérennité des valeurs associées à ces noms.
Source : 20 Minutes

