Urgences pédiatriques à Voiron : le CHU promet des embauches et une réouverture certaines nuits fin juillet, les soignants restent inquiets

Urgences pédiatriques à Voiron : le CHU promet des embauches et une réouverture certaines nuits fin juillet, les soignants restent inquiets

Les urgences pédiatriques de l’hôpital de Voiron sont fermées la nuit depuis le 4 mai. Soignants et syndicats se sont mobilisés une nouvelle fois, samedi 13 juin, pour demander leur réouverture. La direction du CHU Grenoble-Alpes annonce des recrutements et se veut rassurante.

« Des bras, des lits », un slogan répété de mobilisation en mobilisation, pour la défense de l’hôpital public. Depuis le début du mois de mai, les manifestations se multiplient en Isère. À Voiron, environ 150 personnes ont défilé pour réclamer la réouverture des urgences pédiatriques, fermées la nuit depuis plus d’un mois, faute de médecins. C’est la deuxième fois que soignants et syndicats manifestent pour demander des solutions à la direction du CHU Grenoble-Alpes (CHUGA), avec lequel l’hôpital de Voiron a fusionné en 2019.

Élus et représentants du CHUGA ont rencontré les manifestants en marge du cortège. Des recrutements sont annoncés, qui devraient permettre une rapide réouverture partielle du service d’urgences pédiatriques la nuit. Le personnel reste toutefois inquiet.

La situation actuelle est préoccupante. Jean-Marc Baïetto, directeur délégué du pôle de pédiatrie du CHU Grenoble-Alpes, a expliqué que « tous les six mois, les stages sont renouvelés et sur le stage d’été, qui est en général fragile, on s’est retrouvé sans aucun médecin ». Anne Kittler, directrice adjointe du CHUGA, a précisé que la décision de fermeture a été prise « du fait d’insuffisance en nombre d’internes, qui ont fait que pour des raisons de sécurité, on a dû fermer. »

La fermeture est présentée comme une « adaptation momentanée du fonctionnement des urgences ». Actuellement, le service pédiatrie accepte encore certaines urgences régulées par le 15, la nuit, « en fonction de l’activité ». Les autres urgences sont envoyées à l’hôpital couple-enfant de la Tronche, à quarante minutes de route.

La réalité des services prenant en charge les enfants à Voiron est très dégradée à partir de 18h30. Une infirmière puéricultrice a souligné qu’il n’y a plus qu’un pédiatre pour tous les secteurs où il y a des enfants. Si le pédiatre est occupé dans un autre secteur, les interventions urgentes ne peuvent pas être réalisées.

La directrice adjointe du CHUGA a indiqué que l’administration « travaille à recruter des ‘faisant fonction d’interne’ pour pouvoir remettre en place cette ligne de garde junior la nuit et les week-ends. » Ces « faisant fonction d’interne » sont des médecins étrangers ou des étudiants en médecine avancée.

Cependant, cette solution ne répond pas aux véritables besoins, d’après Foucauld Guinamard, pédiatre présent à la manifestation. Un syndicat d’internes a estimé que ces étudiants représentent jusqu’à 40 % de l’effectif des médecins hospitaliers. Ils sont censés être en formation, et non asr la survie du service.

La direction du CHUGA a annoncé que, grâce à l’identification de trois pédiatres seniors prêts à rejoindre l’équipe, les urgences pourraient rouvrir quelques nuits « dès la fin du mois de juillet ». Cependant, cette prévision est jugée optimiste par les représentants syndicaux.

Les urgences adultes de l’hôpital de Voiron, fermées la nuit depuis 2025, ont progressivement repris du service, mais le service des urgences de Bourgoin-Jallieu, plus au nord, est déjà régulé depuis plusieurs mois, sans perspective d’amélioration.

Source : France 3 Régions

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