Les femmes perdent jusqu’à 70 % de leur revenu l’année de la naissance d’un enfant, alerte le Haut Conseil à l’Égalité
Mettre au monde continue de pénaliser professionnellement les femmes. Autour de la naissance d’un enfant, leurs revenus chutent de près de 40 % et, plusieurs années plus tard, la perte reste proche de 30 %. Le rapport Du plancher collant au plafond de mère, publié le 9 septembre par le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE), illustre l’écart entre le principe d’égalité inscrit dans le droit et la réalité des discriminations.
La parentalité n’affecte pas les carrières des femmes et des hommes de manière équivalente. Alors que les écarts liés à la formation ou à la qualification se sont réduits, l’arrivée des enfants expliquerait désormais 88 % de l’écart de revenus entre les sexes.
La discrimination peut même précéder la maternité. Selon un baromètre du Défenseur des droits et de l’Organisation internationale du travail (OIT), 22 % des femmes âgées de 25 à 34 ans ont déclaré avoir été interrogées sur leurs projets de parentalité lors d’un entretien professionnel au cours des cinq années précédentes. Le HCE évoque un « régime de suspicion maternelle » : la possibilité d’une grossesse, d’un congé ou d’une moindre disponibilité est anticipée chez les femmes avant même qu’elles ne deviennent mères.
Les inégalités ne touchent pas toutes les femmes de la même manière. Pour les mères les plus précaires ou les moins rémunérées, la perte de revenu peut atteindre 70 % durant la première année suivant une naissance. Pour les femmes cadres ou plus diplômées, l’interruption d’activité est moins fréquente, mais la pénalité se manifeste plus tard dans la progression salariale et professionnelle.
Cette inégalité se reflète également dans l’organisation des couples. Après une naissance, 27 % des couples où la mère est employée ou ouvrière se retrouvent avec la mère sans emploi et le père travaillant à temps complet, contre seulement 9 % lorsque la mère est cadre ou exerce une profession intellectuelle supérieure.
Ces données soulignent l’importance d’une prise de conscience collective face aux violences sexistes et aux inégalités. Le rapport du HCE met en lumière des enjeux cruciaux qui nécessitent des actions concrètes pour favoriser l’égalité entre les sexes.
Source : Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE).

