À l’ONU, le passage de témoin d’une institution sous pression
La 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies a débuté alors que le Secrétaire général António Guterres a mis en lumière les nombreux défis auxquels le monde est confronté, notamment les conflits, les inégalités croissantes, le dérèglement climatique, et la crise du financement du développement. Ce constat a été fait lors de la clôture de la 80e session, où Guterres a souligné l’importance de l’ONU dans la gestion de ces crises.
Annalena Baerbock, qui a présidé l’Assemblée pendant un an, a remis les rênes au ministre bangladais des affaires étrangères Khalilur Rahman. Elle a insisté sur le fait que, malgré les insuffisances de l’organisation, « pas un seul jour, pas un seul pays ne se porterait mieux sans l’ONU ». Elle a également noté que les succès de l’ONU, tels que la prévention des guerres par la diplomatie, ne font souvent pas la une des journaux.
La présidente sortante a plaidé pour une méthode de travail qui ne laisse pas la recherche du consensus se transformer en un droit de veto de fait. Elle a souligné que le consensus doit rester une ambition, mais jamais au détriment du progrès ou des principes de l’ONU. Son bilan inclut 18 réunions de haut niveau, 116 séances plénières, et 317 résolutions adoptées en un an.
Baerbock a averti que sans réforme profonde, l’organisation ne pourra pas perdurer. Elle a proposé plusieurs mes, telles que la réduction du nombre de réunions et la limitation des temps de parole, pour alléger une institution devenue trop lourde. Guterres a corroboré ce diagnostic, affirmant que le Conseil de sécurité et l’architecture financière internationale peinent à répondre aux défis actuels.
Khalilur Rahman, prenant ses fonctions, a reconnu que le multilatéralisme de l’ONU est mis à l’épreuve comme jamais auparavant. Sa priorité sera de rechercher des terrains d’entente, tout en admettant que certaines divisions ne pourront pas être rapidement résolues. Il a également souligné l’importance d’inclure des acteurs extérieurs comme la société civile et les médias dans les discussions.
La 81e session débute ainsi avec un objectif de rétablir la confiance entre les États membres, dans un contexte où les divisions demeurent marquées.
Source : ONU

