Recrutement : L’impact des ATS sur les candidatures
Près de 80 % des entreprises trient leurs candidatures à l’aide de logiciels de recrutement appelés ATS (Applicant Tracking Systems). Une candidate a partagé son expérience avec des outils d’optimisation de CV, révélant des disparités étonnantes dans les évaluations de son dossier : son CV a été noté 97 par un outil, puis 45 par un autre, suggérant des modifications qui ont altéré la véracité de son parcours.
Selon une question écrite déposée à l’Assemblée nationale, le gouvernement a reconnu en décembre 2025 que ces systèmes sont largement utilisés pour filtrer les candidatures. Les outils d’optimisation promettent de rendre un CV « compatible ATS » en reformulant le parcours professionnel pour qu’il soit mieux compris par les machines. Cependant, ces outils encouragent souvent les candidats à modifier leurs expériences de manière à les rendre moins fidèles à la réalité.
Une candidate a payé pour utiliser un outil qui a évalué son CV à 97 sur 100, le qualifiant d' »excellent ». Lorsqu’elle a soumis ce même CV à un autre outil, il a été noté 45, avec des recommandations de révisions. Ce dernier outil proposait un « plan d’injection de mots-clés », ajoutant des éléments fictifs à son CV sans rapport avec ses véritables expériences professionnelles.
Cette situation soulève des questions sur la transparence du processus de recrutement. Les candidats n’ont souvent pas accès aux critères d’évaluation utilisés par les recruteurs, créant une asymétrie d’information. Tandis que les recruteurs peuvent auditer les candidatures, les candidats ne peuvent pas comprendre comment leur CV a été interprété par le logiciel.
L’Annexe III de l’AI Act classe les systèmes d’IA utilisés pour le recrutement comme des systèmes à haut risque, avec des obligations de gouvernance et de supervision humaine à partir de décembre 2027. Cela pourrait entraîner une plus grande transparence et une meilleure compréhension des critères d’évaluation pour les candidats.
Cette dynamique met en lumière la nécessité d’un recrutement où la lisibilité des candidatures ne repose pas uniquement sur les candidats, mais où les systèmes de sélection sont également tenus de fournir des informations claires sur leurs processus d’évaluation.
Source : Question écrite n° 9017, Assemblée nationale.

