Mistral lève trois milliards d’euros pour renforcer sa position dans l’IA
L’entreprise française d’intelligence artificielle (IA) Mistral a récemment levé trois milliards d’euros, portant sa valorisation à plus de 21 milliards d’euros. Ce financement a été principalement soutenu par le géant coréen Samsung, déjà présent au capital de Mistral via sa branche d’investissements Samsung Ventures. D’autres investisseurs, tels que Scaleup Europe, lancé par la Commission européenne, et PSG Equity, ont également participé à ce tour de table.
Arthur Mensch, le PDG de Mistral, a déclaré que cette levée de fonds permettra à l’entreprise d’accélérer ses efforts en matière de recherche, de développement de produits et d’infrastructure, tout en aidant davantage d’organisations à déployer l’IA à grande échelle en fonction de leurs besoins spécifiques. Cette opération est cruciale pour Mistral, qui doit faire face à une concurrence croissante sur le marché mondial de l’IA.
En parallèle, Mistral a vu l’entrée de nouveaux investisseurs, tels que le groupe néerlandais ASML et le géant américain Nvidia, lors de cette levée de fonds. Selon Johan Bergqvist, directeur financier de Mistral, les fondateurs de l’entreprise, Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, conservent le contrôle de la société.
Une somme modeste face aux géants américains
Malgré l’importance de cette levée, elle reste modeste comparée aux montants levés par des entreprises comme OpenAI, qui a obtenu 110 milliards de dollars en mars dernier, ou Anthropic, qui se prépare à une introduction en Bourse potentiellement record. Johan Bergqvist a souligné que Mistral est « très bien financé » pour sa prochaine phase de développement, en se distinguant par une capacité à concevoir des modèles plus économiquement efficients que ses concurrents.
Sortir la France de sa dépendance technologique
Mistral, qui a presque doublé de taille en un an pour atteindre plus de 1 000 employés, vise un objectif d’un milliard d’euros de revenus annualisés. L’entreprise met en avant la souveraineté technologique pour répondre aux préoccupations des États et entreprises européennes, surtout dans un contexte où des restrictions américaines sur l’accès à des technologies avancées ont mis en lumière la dépendance technologique de l’Europe.
Mistral a établi un partenariat non exclusif avec l’État français pour fournir un assistant IA aux agents de la fonction publique et a mené des projets dans divers ministères, notamment en cybersécurité. L’entreprise collabore également avec des acteurs majeurs tels que BMW, Airbus et CMA CGM pour intégrer l’IA dans différents processus industriels.
Investissements dans des centres de données
Enfin, Mistral a investi quatre milliards d’euros dans des centres de données en France et en Europe pour développer sa propre capacité de calcul, offrant ainsi une alternative aux géants américains du cloud. Microsoft a signé un contrat de plusieurs milliards de dollars avec Mistral pour utiliser cette puissance de calcul, et la start-up prévoit d’opérer 200 MW de capacités de calcul d’ici 2027, avec un objectif de 1 GW d’ici 2030.
Source : France 24

