Fauda : le dernier chapitre déchirant d’une série devenue un phénomène mondial, rattrapée par le réel
Elle est la première fiction à intégrer les attaques du 7 octobre dans son scénario. Une écriture difficile, et un tournage pesant, pour un résultat réussi malgré les embûches.
Depuis sa première saison en 2015, Fauda nous entraîne dans les coulisses des Mista’arvim, ces unités spéciales israéliennes dont les membres se glissent dans la peau de Palestiniens pour infiltrer les territoires. Arabophones et familiers des codes et de la culture locale, ils opèrent clandestinement, entre renseignement et lutte antiterroriste, en Cisjordanie comme à Gaza. Près de quatre ans après la fin de la saison précédente, où l’unité d’élite de Doron Kabilio, le héros de Fauda, se retrouvait prise au piège dans une embuscade à Jénine, les personnages gèrent le traumatisme du 7 octobre alors que la guerre continue. La gageure de cette dernière saison, diffusée sur Netflix à partir du 8 septembre, a été d’intégrer des éléments d’une réalité qui a dépassé l’imagination des créateurs de la série dans un scénario en perpétuelle évolution.
Ainsi, il n’y a pas de trace de la guerre à Gaza ou de la question des otages dans cette saison, car elle a été entièrement réécrite juste après le 7 octobre, alors que les événements étaient encore en cours. Un mois à peine après le début de la guerre, le producteur de la série, Matan Meir, a été tué à Gaza.
Dans les premiers épisodes, les événements du 7 octobre ne sont abordés que de manière stroboscopique, intégrés dans la trame. On comprend progressivement où les différents personnages se trouvaient, devinant leurs actions et bless, tant physiques que psychologiques. Les pièces du puzzle seront assemblées dans les épisodes 7 et 8, avec un avertissement aux spectateurs : ceux qui ont vécu ces événements ou ne se sentent pas capables de les regarder peuvent sauter ces épisodes. La trame peut se comprendre en passant directement au chapitre 9.
Le tour de force des réalisateurs a été de montrer l’horreur sans l’éluder, mais sans en faire trop non plus, et ces épisodes réussissent à capturer cette complexité, même s’ils sont difficiles à regarder.
Malgré quelques réserves, cette ultime saison est dure, touchante, et prend aux tripes, probablement plus que les précédentes. La profondeur des personnages, notamment Gabi et Dana, ainsi que le retour émouvant de l’acteur Idan Amedi, grièvement blessé dans la vraie vie, clôturent une série qui ne fait malheureusement pas mentir son nom : le chaos prédomine, et pour finir, le deuil.
Lior Raz, interprète de Doron, souligne que la saison « commence par la vengeance, mais elle se termine avec quelque chose de totalement différent » et espère que les téléspectateurs comprendront l’importance de la paix et les conséquences de la guerre.
Fauda (saison 5, 11×40 min, créée par Lior Raz et Avi Issacharoff, avec Lior Raz, Yaakov Zada-Daniel, Mélanie Laurent, Hakim Djaziri) est à voir sur Netflix à partir du 8 septembre 2026.
(Source : Franceinfo)

