Les jeunes artisans français privilégient le travail manuel face à l’essor de l’IA.

On continuera de travailler avec nos mains, ce n’est pas l’IA qui le fera

L’intelligence artificielle remplacera de nombreuses professions dans les prochaines années. Un constat démoralisant pour la jeunesse, s’il n’existait pas de solution : se tourner vers les gestes, vers la matière… Vers l’artisanat. Gastronomie, mécanique ou BTP, des métiers d’avenir dans des secteurs pourvoyeurs d’emploi, qui attirent de plus en plus de jeunes apprentis.

Au CMA Formation d’Arras (Centre de formation aux métiers de l’artisanat en apprentissage), dans le Pas-de-Calais, on n’hésite pas à mettre la main à la pâte. Cette école propose des formations touchant directement à la matière, au savoir-faire et à la création.

Boudés par les jeunes des dernières générations, les métiers de l’artisanat ont pourtant tout pour plaire. Boulanger, boucher, coiffeur, maçon, menuisier… Des métiers d’avenir, à l’heure où l’intelligence artificielle remplace déjà certaines professions. Dans ces secteurs, pas question de déléguer la confection d’une pâtisserie à un robot ou de demander à une IA de démonter une serrure. « C’est la force de nos métiers », as Nadine Denquin, responsable du site CMA Formation d’Arras. « On peut continuer à travailler avec nos mains et apprendre des nouvelles techniques. On sera toujours obligés de turbiner la glace, d’utiliser un pétrin pour faire le pain… Ce n’est pas l’IA qui pourra le faire. »

Mettre l’humain au premier plan est devenu un critère central dans le parcours professionnel des jeunes. Les apprentis le savent : avec la banalisation de l’IA, s’engager dans le secteur de l’artisanat leur as de ne pas se faire remplacer, et de trouver un emploi dans des domaines « qui recrutent ». Cette année, 7 000 apprentis sont inscrits dans une formation artisanat dans les Hauts-de-France, dont 1 200 au CMA d’Arras.

Un volet de la formation est d’ailleurs dédié à la question de l’IA et à la place que celle-ci risque d’occuper dans leur parcours. Mais qu’il s’agisse de métiers de bouche ou de service, les étudiants « ne sont pas inquiets ». Jonathan, en formation technicien expert après-vente automobile, souligne : « On risque de se sentir concernés puisqu’on utilise les nouvelles technologies dans nos mises à jour, les reprogrammations… La mécanique finira par être touchée, mais nous en tant qu’humains, on ne pourra pas être remplacés. » De son côté, Anna, étudiante dans la même formation, ajoute : « Nous, on ne travaille pas avec l’IA. On est encore à l’ancienne, nos habitudes n’ont pas été bouleversées pour l’instant. »

Des métiers d’avenir et des choix de carrière forts pour les jeunes, qui le leur rendent bien.

Source : France 3 Régions

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