L’alimentation devient chère, voire plus chère que le logement
Alors que le coût de la rentrée explose, entre frais de scolarité, loyer, repas ou encore électricité, l’association HelpYoung86 organise des distributions de denrées alimentaires tout au long de l’année.
L’image est ancrée dans les esprits depuis la pandémie de Covid, en 2020 : des files d’attente d’étudiants pour des distributions alimentaires. En cette rentrée scolaire, c’est une salle de spectacle de Poitiers, le Confort Moderne, dont le hall se remplit de bénéficiaires. Dès l’ouverture, à onze heures du matin ce samedi 5 septembre, une centaine de personnes attend déjà pour récupérer, contre dix euros, des sacs remplis de bouteilles de lait, d’huile, de céréales ou de pâtes. Au total, trois tonnes de denrées sont mises à disposition grâce à une véritable chaîne de solidarité orchestrée par l’association HelpYoung86.
« C’est vraiment sur des collectes qui sont organisées tous les deux mois environ », explique Léa Gonçalves-Morais, une bénévole. « Il y a aussi la Banque Alimentaire qui participe et qui répartit selon chaque association. On prend chacun des palettes de produits alimentaires. »
Daniela, étudiante en troisième année de licence économie gestion originaire du Congo, confie : « J’ai pris des pâtes, de la sauce tomate pour faire avec les pâtes, des céréales ». Elle doit travailler à côté de ses cours pour s’en sortir.
« L’alimentation, ça devient très très cher, voire plus cher que le logement », déclare Nour, étudiante en deuxième année de médecine.
L’association a prévu de nombreux produits pour soulager le budget des étudiants qui affluent. Lucie, en deuxième année d’étude à Poitiers, souligne : « C’est varié, ça vaut le coup. C’est hyperintéressant pour les étudiants. » Bien qu’elle bénéficie de l’aide de ses parents, elle précise : « On ne peut pas non plus tout leur demander, ils n’ont pas non plus un revenu. »
Dans son studio de 30 mètres carrés, qu’elle loue pour 465 euros par mois, elle doit également faire face à des coûts d’électricité qui s’élèvent à environ 80 euros par mois en hiver.
La Fédération des Associations Générales Étudiantes (FAGE) a récemment alerté sur le coût de la rentrée, signalant une augmentation de plus de 25 % depuis 2020. À Poitiers, le coût de cette rentrée universitaire est estimé à 3 000 euros.
Si la ville demeure l’une des moins chères de France pour étudier, la précarité progresse. Antoine Lelièvre, président de HelpYoung86, note : « En 2025, on avait 150 bénéficiaires sur une distribution géante. Aujourd’hui, on attend le double d’étudiants, qui viennent d’arriver ou qui sont déjà sur Poitiers mais qui ne s’en sortent pas à cause de l’augmentation du coût de la vie quotidienne. »
Créée en 2021, l’association a accompagné 900 étudiants en 2025 et s’attend à en voir 400 de plus cette année. Les étudiants étrangers, en particulier, subissent des précarités supplémentaires, car ils n’ont plus accès à certaines aides s’ils n’ont pas d’emploi.
L’association HelpYoung86, qui compte plus de 200 bénévoles, organise également deux distributions plus modestes par mois.
Source : France Télévisions

