Désinformation sur la Shoah : la France met en garde contre la propagation sur les réseaux sociaux.

Désinformation sur la Shoah : la France met en garde contre la propagation sur les réseaux sociaux.
Négationnisme, distorsion de l'histoire, visée idéologique. La désinformation sur la Shoah très présente sur les réseaux sociaux

La désinformation sur la Shoah : un danger croissant sur les réseaux sociaux

En cette journée de cérémonie en hommage aux déportés et victimes de France de la Shoah, rescapés et historiens alertent sur le danger des contenus en ligne, notamment ceux créés par l’IA.

Comme chaque année, une cérémonie a eu lieu ce dimanche 6 septembre à la Grande Synagogue de la Victoire à Paris, pour honorer la mémoire des déportés juifs et des victimes de France de la Shoah. Alors qu’il ne reste qu’une poignée de survivants, la question de la mémoire devient de plus en plus pressante, d’autant que la désinformation et les contenus trompeurs sur le sujet se multiplient sur les réseaux sociaux.

À 101 ans, Ginette Kolinka, l’une des dernières rescapées d’Auschwitz-Birkenau, ne connaît pas les plateformes comme TikTok ou Instagram, mais elle n’est pas surprise par la haine qui y circule. Elle souligne que « le problème de l’antisémitisme et des négationnistes, c’est qu’ils sont toujours là et qu’ils seront malheureusement toujours là ».

Parmi les figures notables de cette désinformation, Vincent Reynouard, ancien enseignant et condamné pour contestation de crimes contre l’humanité, a fait de la diffusion de vidéos négationnistes sa spécialité. Romain Blandre, professeur d’histoire à Strasbourg, utilise ces cas pour sensibiliser ses élèves, soulignant que Reynouard publie régulièrement des contenus sur des réseaux dérégulés.

La distorsion de l’histoire est également facilitée par l’intelligence artificielle. Des images trompeuses, comme celle d’un déporté jouant du violon, sont largement partagées. Tal Bruttmann, spécialiste de l’histoire de la Shoah, indique que ces images sont souvent manifestement fausses et que leur présence en ligne complique le travail des historiens.

Bruttmann prévient : « Le danger, à moyen terme, c’est qu’on ait la production de vrai-faux, c’est-à-dire de fausses images crédibles ». Les contenus générés par l’IA tendent à déformer la réalité en jouant sur les émotions, souvent dans un but lucratif.

Karel Fracapane, responsable des questions de mémoire à l’Unesco, souligne que la désinformation est souvent subtile, représentant délibérément des faits historiques erronés. Une étude qu’il a dirigée en 2022 a révélé qu’environ 50 % des contenus relatifs à la Shoah sur des réseaux non modérés sont antisémites, chiffre qui atteint 80 % pour les contenus en langue allemande sur certaines plateformes.

Face à cette montée de la désinformation, Romain Blandre propose une méthode éducative préventive : confronter les élèves dès le plus jeune âge à des propos ou des images antisémites pour les « immuniser » contre ces discours.

Cette situation souligne l’importance cruciale de la vigilance face à la désinformation sur la Shoah, un sujet qui reste d’une actualité brûlante.

Source : Franceinfo

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