Portrait : « ‘Fauda’ a été une chance incroyable » : le parcours d’Hakim Djaziri
Hakim Djaziri, acteur franco-algérien, incarne l’un des rôles principaux de la saison 5 de la série Fauda, diffusée sur Netflix depuis le 8 septembre. À 45 ans, cet homme de théâtre, dramaturge et pongiste de haut niveau, aborde ce nouveau défi avec enthousiasme, tout en gardant une perspective réaliste sur la nature éphémère du succès.
Le casting pour Fauda a été rapide, comme l’explique Djaziri : « Quand on m’a annoncé que c’était moi, j’ai été rempli de fierté, car c’est d’abord une série extrêmement réussie. » Cependant, la fierté est mêlée d’appréhension, car la série aborde le conflit israélo-palestinien, un sujet délicat, surtout après les événements du 7 octobre et la guerre à Gaza.
Lorsqu’il a annoncé sa participation au projet, les réactions de son entourage ont été parfois virulentes. Il a été confronté à des critiques sévères, certains le qualifiant de « collaborateur » d’une série de propagande.
Né en Algérie dans les années 1980, Hakim Djaziri a vécu une enfance heureuse avant que la guerre civile ne force sa famille à fuir vers la France à l’âge de 13 ans. Ce déménagement a été un choc pour lui et ses parents, qui se sont retrouvés dans une cité à Aulnay-sous-Bois, où ils ont dû faire face à de nombreux défis sociaux.
Au collège, il a subi du harcèlement en raison de ses origines, ce qui l’a poussé à adopter la violence comme mode de communication. À 16 ans, après avoir été exclu du lycée, il a dérivé vers la délinquance. Toutefois, une rencontre fortuite avec le monde du théâtre a changé le cours de sa vie. Captivé par les arts, il a trouvé sa vocation et a commencé à écrire ses propres pièces.
Après des débuts difficiles, il a réussi à percer dans le milieu théâtral tout en représentant l’Algérie au niveau international dans le domaine du ping-pong, participant même aux Jeux olympiques de 2004 à Athènes. Malgré ces succès, il n’a jamais abandonné son rêve d’incarner des personnages variés à l’écran.
Lors du casting pour Fauda, il a su que le rôle de Saïd el-Khatibi, un commandant du Hamas, était fait pour lui. Sa détermination lui a permis de surmonter des obstacles, comme la nécessité d’apprendre l’anglais et l’arabe du Moyen-Orient. Le tournage s’est déroulé entre Budapest et Israël, et il a été marqué par la diversité de l’équipe, composée d’Arabes musulmans et de Juifs.
Hakim Djaziri continue de travailler sur d’autres projets, dont une série américaine produite par Netflix. Il reste attaché à son rôle dans Fauda, qu’il considère comme un symbole de paix et d’ouverture d’esprit.
Source : Franceinfo.



