Les Écologistes en France face aux conséquences de l’été caniculaire en 2024.

Au printemps prochain, Les Écologistes capitaliseront-ils électoralement sur notre été caniculaire ?

Au printemps prochain, les Écologistes capitaliseront-ils électoralement sur notre été caniculaire ?

L’été 2026, marqué par de nombreux épisodes caniculaires, semble avoir renforcé la sensibilité des Français aux enjeux environnementaux. Cependant, des précédents montrent que l’exposition directe aux pollutions ou aux catastrophes naturelles ne se traduit pas nécessairement par une progression du vote écologiste. Dans plusieurs territoires frappés par des inondations, des incendies ou une pollution durable, les équilibres électoraux sont restés stables, voire ont davantage profité au Rassemblement national, selon l’analyse de Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprises de l’Ifop.

Cet été caniculaire, caractérisé par des records de température, des cours d’eau presque à sec et des feux de forêt ravageurs, a incité certains observateurs à pronostiquer un véritable choc d’opinion parmi la population française. Les premiers sondages réalisés à chaud indiquent que ces événements hors norme ont nettement augmenté la sensibilité aux problématiques environnementales. La proportion de sondés considérant comme « prioritaire » le thème de l’environnement et de la lutte contre le changement climatique est ainsi passée de 47 % en janvier à 64 % à la fin août, selon une enquête Ifop-Fiducial pour Sud Radio.

Pourtant, la question demeure : s’agit-il d’un mouvement d’opinion passager, comme observé après d’autres étés caniculaires, ou assistons-nous à une bascule profonde de l’opinion publique ? À huit mois du scrutin présidentiel, l’été 2026 pourrait-il constituer un « traumatisme historique », un événement suffisamment significatif pour influencer durablement les comportements électoraux ? L’analyse des résultats électoraux dans des territoires touchés par des catastrophes environnementales ces dernières années pourrait déjà offrir des éléments de réponse.

Les zones les plus polluées ne votent pas davantage pour les Écologistes

Lors des élections européennes de 2019, la liste Europe Écologie – Les Verts (EE-LV) menée par Yannick Jadot avait obtenu 13,5 % des voix au niveau national. Toutefois, les contextes de pollution environnementale locale n’ont pas semblé influencer le vote en faveur de cette liste. Par exemple, à Salsigne, une commune de l’Aude fortement affectée par l’exploitation d’une mine d’or, la liste n’a recueilli que 5,9 % des suffrages. La situation est similaire dans d’autres communes touchées par des pollutions durables, où les scores de la liste restent proches des moyennes départementales.

En revanche, en Haute-Savoie, la liste EE-LV a obtenu 18,1 % des voix, mais sans véritable prime électorale par rapport à la moyenne départementale, malgré une exposition à la pollution atmosphérique.

… tout comme les territoires frappés par des catastrophes naturelles

L’exposition à des catastrophes naturelles a également montré des résultats électoraux stables. Par exemple, après la tempête Alex en octobre 2020, qui a causé des crues dévastatrices dans l’arrière-pays niçois, le vote pour Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon n’a pas progressé. Les rapports de force électoraux sont restés constants, illustrant que même des événements traumatisants ne suffisent pas à modifier significativement les comportements électoraux.

Plus récemment, des inondations dans le Pas-de-Calais, survenues en novembre 2023 et janvier 2024, n’ont pas non plus favorisé les Écologistes lors des élections européennes de juin 2024. Les scores de la liste EE-LV sont restés très faibles dans les communes les plus touchées, tandis que le Rassemblement national a vu ses résultats s’améliorer, profitant du mécontentement des habitants face aux autorités.

Conclusion

Il est difficile de prédire l’avenir, et les pronostics électoraux demeurent incertains. Les exemples récents montrent que les populations touchées par des événements climatiques extrêmes ne perçoivent pas nécessairement ces événements comme des conséquences du dérèglement climatique. Même lorsque cela est reconnu, cette exposition ne conduit pas systématiquement à un soutien accru pour les partis écologistes, qui alertent depuis longtemps sur l’urgence climatique.

Source : Ifop-Fiducial pour Sud Radio

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