Présidentielle 2027 : François Hollande, cet ancien président de gauche qui parle à la droite
L’ancien président socialiste François Hollande ne cache plus ses ambitions pour 2027. Il attend toutefois que la situation politique se décante pour officialiser sa candidature, possiblement en décembre prochain, marquant ainsi dix ans après son renoncement en 2016.
En 2017, beaucoup pensaient que François Hollande se représenterait logiquement à l’élection présidentielle. Pourtant, avec surprise, il avait finalement renoncé en décembre 2016. En décembre 2026, l’ancien président socialiste mettra fin au suspense concernant une potentielle deuxième candidature à l’Élysée.
Valéry Giscard d’Estaing et Nicolas Sarkozy n’ont pas réussi à reconquérir l’Élysée après leur défaite. François Hollande se verrait bien être le premier à inaugurer ce concept, d’autant qu’il n’a pas techniquement perdu, n’ayant pas concouru en 2017.
Le mois de septembre 2016 était morose pour le socialiste. Trahi par son ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, et lâché par les socialistes qui réclamaient une primaire, celui qui est redevenu député PS de la Corrèze semble goûter davantage au cru de septembre 2026.
François Hollande a entamé une tournée médiatique pour promouvoir son livre programmatique, Unir, nouveau monde, nouvelle gauche. Bien que cela ressemble à une campagne officieuse, il insiste sur le fait qu’une annonce de candidature n’interviendrait qu’en décembre si les conditions l’exigent.
« Il a toujours été social-libéral »
Malgré des ambitions affichées, de nombreux observateurs demeurent sceptiques quant à la réalité d’une candidature de François Hollande, surtout si Raphaël Glucksmann, favori de la primaire socialiste, reste en lice. Les incertitudes politiques qui pourraient survenir d’ici décembre laissent la porte ouverte à des surprises.
En 2012, le slogan de campagne de François Hollande était « Le changement, c’est maintenant », mais aujourd’hui, ses propositions, telles que la TVA sociale et un âge de départ légal à la retraite à 63 ans, semblent s’adresser à un public plus large, incluant la droite. Olivier Truchot, journaliste, ironise sur cette évolution, soulignant que Hollande a toujours été social-libéral, même s’il ne l’a pas toujours assumé.
Un ancien président ne devrait pas participer à une primaire
La question se pose : pourquoi ne pas se lancer dans la primaire pour battre Olivier Faure et Raphaël Glucksmann ? Selon Olivier Truchot, François Hollande sait que la primaire pourrait être un piège pour Glucksmann. Alain Marschall va plus loin en affirmant qu’il pourrait « magouiller » pour que la primaire du PS désigne un candidat moins compétitif.
Hollande ne cache pas son hostilité envers ce processus, en contraste avec Nicolas Sarkozy, qui avait accepté de s’y plier en 2016 avant de perdre face à François Fillon et Alain Juppé lors du premier tour.
Gagner en étant très bas dans les sondages ?
En 2011, François Hollande avait remporté la primaire face à Martine Aubry, malgré des sondages peu favorables. Olivier Faure a cité cet exemple pour soutenir l’idée que sa candidature n’est pas si saugrenue. Hollande, avec ironie, a répondu que « cela, ça vaut exclusivement pour moi ».
Source : RMC

