Un répulsif de moustiques pourrait en réalité les attirer
Une étude publiée le 28 mai dans le Journal of Experimental Biology suggère que le DEET, un répulsif corporel largement utilisé, pourrait, dans certaines conditions, attirer les moustiques au lieu de les repousser.
Les chercheurs, en s’appuyant sur le conditionnement pavlovien, ont découvert que les moustiques pouvaient apprendre à associer la présence de DEET avec un repas, notamment du sang ou de l’eau sucrée. Claudio Lazzari, de l’université de Tours et premier auteur de l’étude, explique que l’on croyait jusqu’alors que l’efficacité du DEET reposait uniquement sur ses propriétés chimiques, rendant les moustiques désagréables ou toxiques. Toutefois, les résultats montrent que la réaction des insectes pourrait évoluer avec l’expérience.
Les chercheurs ont mené plusieurs expérimentations en laboratoire pour confirmer l’appétit des moustiques Aedes aegypti, en particulier des femelles, qui piquent les humains et transmettent des maladies. Ils ont observé que plus de la moitié des moustiques « entraînés » ont tenté de piquer lorsqu’ils étaient exposés au DEET seul, sans repas associé. De plus, lors d’expériences où une main était enduite de répulsif, 60 % des moustiques exposés à un air chargé en DEET se sont dirigés vers cette main, contrairement à ceux élevés dans un environnement normal qui ont évité le produit.
Leon Hugo, chercheur à l’université du Queensland, souligne que cette étude a été réalisée dans des conditions de laboratoire très contrôlées et que les résultats pourraient ne pas s’appliquer à des situations réelles. Les experts affirment que ces résultats ne signifient pas qu’il faille abandonner les répulsifs à base de DEET, qui demeurent efficaces et largement documentés.
Cette recherche ouvre la voie à de futures études visant à améliorer la compréhension et le développement de nouveaux antimoustiques.
Source : Journal of Experimental Biology
