Périscolaire à Marseille : des parents réclament des réponses après des douleurs signalées.

Périscolaire :

Elle nous a dit qu’elle avait mal au dos, aux fesses. : des parents attendent des réponses à Marseille

Une enquête de la cellule investigation de Radio France révèle ce vendredi que les 20 plus grandes villes françaises sont confrontées à des signalements ou des affaires de violences dans le périscolaire. À Marseille, des parents témoignent et réclament davantage de protection pour les enfants.

Les violences dans le périscolaire ne concernent pas uniquement Paris. Selon l’enquête, les 20 plus grandes villes françaises font face à des situations de violences impliquant des enfants dans les écoles, les centres de loisirs ou les activités périscolaires. À Paris, 13 animateurs sont actuellement suspendus et la mairie a lancé une vingtaine d’enquêtes sur des faits de violences sexuelles survenus dans des écoles ou des centres de loisirs. À Marseille, une vingtaine d’enquêtes lancées par la Ville sont en cours. Des parents rapportent des situations inquiétantes et attendent des réponses.

Le père d’une petite fille, que nous appellerons Antoine, témoigne d’un traumatisme que sa fille aurait vécu lors d’une sortie avec des animateurs périscolaires, il y a plusieurs années. Ce n’est que récemment qu’elle a révélé à ses parents des souvenirs plus précis de cette journée. « Il y a un monsieur qui lui fait très peur, qui l’arrête sur le trottoir, qui l’a fait monter dans une voiture et l’amène dans une maison », raconte son père. La fillette a ensuite expliqué avoir eu mal « au dos, aux fesses, aux jambes ». Pour ses parents, ces révélations suggèrent qu’elle a pu subir des gestes à caractère sexuel.

Le père a porté plainte il y a deux ans, mais l’enquête peine à retrouver les animateurs présents à l’époque. Le parquet de Marseille a récemment relancé la procédure. Dans un autre dossier, un technicien de 55 ans, intervenu pour réparer une chaudière dans une école du 5e arrondissement, a été condamné cette année à trois ans de prison pour l’agression sexuelle d’une fillette de quatre ans, un épisode qui a profondément marqué les parents.

Hélène, une maman, dénonce le manque de coordination entre les différents intervenants. « Nous n’avons pas à avoir plusieurs interlocuteurs quand nos enfants sont dans une même bâtisse », estime-t-elle. Elle raconte avoir cherché pendant des mois à comprendre si les faits avaient pu se produire pendant le temps scolaire ou périscolaire : « Tout le monde se renvoyait la balle pour savoir à quel moment la petite fille avait été agressée sexuellement. »

À Marseille, en cas de suspicion de violences sexuelles sur un enfant, les parents peuvent contacter le 119, le numéro national dédié à l’enfance en danger. La mairie a également créé une adresse mail dédiée aux signalements : signalement-enfant@marseille.fr. Une pétition lancée par des parents a recueilli 500 signatures, visant à créer un collectif autour de la question des violences faites aux enfants dans les écoles marseillaises.

Du côté de la mairie, l’élue chargée du périscolaire reconnaît qu’il existe encore des problèmes qui échappent aux services municipaux. « Il y avait un tabou sur la question des violences faites aux enfants, une certaine omerta », affirme Pascaline Lécorché. Elle as que lorsqu’un agent est soupçonné de violences, « il est mis à pied de manière conservatoire ». La Ville de Marseille prépare un plan de lutte contre les violences faites aux enfants, qui doit être présenté dans les prochains mois.

Source : Radio France

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