Colère des agriculteurs contre un projet de ferme-usine de veaux en France

« Celle-ci, on peut encore l’empêcher » : la colère monte contre un projet de ferme-usine de veaux

Celle-ci, on peut encore l’empêcher : la colère monte contre un projet de ferme-usine de veaux

Verrie (Maine-et-Loire), reportage

À Verrie, près de Montreuil-Bellay, un projet de ferme-usine destiné à élever 560 veaux suscite de vives inquiétudes. L’initiative, portée par un couple d’éleveurs en partenariat avec l’industriel Denkavit, pourrait permettre l’engraissement de près de 1 000 veaux par an, tous confinés dans des bâtiments sans accès à l’extérieur.

Le projet, qui prévoit également le pompage de 2 500 m³ d’eau par an et l’installation d’une fosse de stockage pour les effluents, a été soumis à une enquête publique. Deux des trois communes consultées ont émis un avis défavorable, et une pétition contre le projet a déjà recueilli 7 500 signatures.

Les opposants, réunis au sein de l’association « Verrie Bad Trip », expriment leurs préoccupations concernant le bien-être animal et les risques de pollution. « L’acceptable d’avant n’est plus l’acceptable d’aujourd’hui », déclare Benjamin Vandamme, un habitant de la région. Les critiques se concentrent sur les conditions de vie des veaux, qui seront élevés sur caillebotis et nourris de manière industrielle.

Les inquiétudes ne se limitent pas au bien-être animal. Valène Prunier, vétérinaire, souligne que le Maine-et-Loire souffre déjà d’une saturation en azote due à l’épandage des effluents d’élevage. Elle note que le projet pourrait entraîner des épandages de 101,6 kg d’azote par hectare, alors que la région est déjà en excès.

Les partisans du projet, notamment la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs, défendent la conformité de la structure avec les normes en vigueur, arguant que des progrès ont été réalisés concernant l’usage des antibiotiques. Cependant, les traitements restent indispensables dans l’élevage intensif.

Le projet de Verrie soulève des questions plus larges sur le modèle d’élevage intensif en France, où 94 % des veaux destinés à la boucherie proviennent de systèmes similaires. Des alternatives commencent à émerger, notamment des dispositifs favorisant l’élevage des jeunes mâles sous leur mère, mais leur développement reste limité.

Le préfet a jusqu’à fin septembre pour se prononcer sur le projet, et la mobilisation des habitants pourrait influencer cette décision.

Source : Reporterre

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