Nationalisation temporaire de Fibre Excellence : un soutien croissant à Saint-Gaudens
Malgré le refus catégorique du ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, la proposition de Carole Delga pour une prise de participation temporaire de l’État dans l’entreprise Fibre Excellence continue de susciter des soutiens. À l’approche de l’examen du dossier de Saint-Gaudens par le tribunal de commerce de Toulouse, élus, salariés et acteurs économiques soulignent l’importance stratégique de l’usine et l’urgence de sécuriser un projet industriel.
Le gouvernement a écarté l’idée d’une nationalisation, mais le débat persiste. Jeudi, Sébastien Martin a rejeté la solution proposée par Carole Delga, qui envisageait une participation de l’État de 15 millions d’euros pour permettre l’établissement d’un partenariat industriel capable de reprendre le site.
Cette option continue cependant de rassembler des partisans. Devant l’usine, des salariés se sont mobilisés aux côtés du député Joël Aviragnet et du maire Jean-Yves Duclos. À l’échelle nationale, le député européen Raphaël Glucksmann a qualifié la nationalisation temporaire de « nécessaire », tandis que Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a annoncé le dépôt d’une proposition de loi.
Jean-Louis Chauzy, président du Conseil économique, social et environnemental (CESER) d’Occitanie, appelle l’État à collaborer avec la Région pour construire un projet industriel viable. Il souligne que le site de Saint-Gaudens présente des atouts stratégiques dans les filières bois, pâte à papier et bois-énergie, ainsi que des possibilités de diversification liées à la recherche et à l’innovation. Selon ses déclarations, deux investisseurs potentiels en Europe, l’un au Portugal et l’autre en Suède, seraient les seuls capables de s’engager dans une activité aussi capitalistique.
Sébastien Vincini, président du Conseil départemental de la Haute-Garonne, soutient explicitement la proposition de nationalisation temporaire, arguant qu’elle offrirait le temps nécessaire pour finaliser une offre industrielle. Il rappelle que l’enjeu dépasse les 270 salariés du site, avec plus de 2 000 emplois indirects dans le Comminges dépendant de l’activité de l’usine.
Cette mobilisation intervient dans un contexte judiciaire pressant. Fibre Excellence, propriété du papetier indonésien Jackson Wijaya et dernier producteur français de pâte à papier, a été placé en redressement judiciaire en avril. Le sort de l’usine de Saint-Gaudens sera examiné le 8 septembre par le tribunal de commerce de Toulouse, après la liquidation du site de Tarascon le 29 juillet.
Source : La Dépêche.

