Comment juger un bon chef d’orchestre ?
Le Concours International de chefs d’orchestres Evgeny Svetlanov a récemment mis en lumière les critères d’évaluation des chefs d’orchestre. Selon René Koering, directeur artistique du concours, le processus de sélection est rigoureux. « Sur les 400 candidats, j’ai visionné plus de mille vidéos pour en sélectionner dix-huit, » explique-t-il. Cette tâche, qui a duré près de trois mois, témoigne de la difficulté de l’évaluation.
Les candidats retenus se confrontent à un répertoire exigeant, incluant des œuvres telles que le « Scherzo » de la Troisième Suite de Tchaïkovski, qui nécessite « d’importantes ressources physiques et intellectuelles ». Le niveau de difficulté augmente au fil de la compétition, avec des partitions de compositeurs contemporains comme Antonino Abate.
René Koering souligne que l’essentiel du travail d’un chef d’orchestre repose sur la communication non verbale. « Le chef doit communiquer avec les 80 ou 100 musiciens en parlant le moins possible, » précise-t-il. Il cite Evgeny Svetlanov, un modèle en la matière, qui communiquait principalement par ses gestes. « Il avait tout dans les yeux, dans le geste, et ça fonctionnait tout seul. »
Pour évaluer un bon chef d’orchestre, l’écoute est primordiale. « L’appréciation se fait essentiellement par l’écoute et finalement peu par le regard, » conclut Koering. Les phases finales du concours se dérouleront à Birmingham du 3 au 6 septembre, avec un jury présidé par Bertrand de Billy.
Source : France Musique

