Des ingénieurs du MIT développent une méthode pour administrer des médicaments directement à l’œsophage
Les troubles de l’œsophage présentent des options de traitement limitées, et l’administration directe de médicaments à cette partie du corps s’avère complexe. Les patients reçoivent souvent des médicaments systémiques, qui peuvent entraîner des effets secondaires indésirables. Pour surmonter cette difficulté, des ingénieurs du MIT ont conçu une formulation médicamenteuse sous forme de gel qui peut recouvrir la muqueuse de l’œsophage après ingestion, permettant ainsi aux médicaments de traverser le tissu.
Cette formulation, qui inclut un hydrogel et d’autres ingrédients clés favorisant une absorption rapide, pourrait être utilisée pour administrer des anticorps, tels que l’infliximab, utilisé dans le traitement de plusieurs maladies auto-immunes, ainsi que d’autres types d’anticorps ou de médicaments de petite taille.
Giovanni Traverso, professeur associé de génie mécanique au MIT et gastro-entérologue à l’hôpital Brigham and Women’s Hospital, souligne que les options médicamenteuses pour les maladies de l’œsophage sont très limitées. Il espère que cette plateforme facilitera le développement de systèmes d’administration ciblée pour les patients souffrant de ces affections. L’étude, publiée dans Nature Biomedical Engineering, a été coécrite par Christina Karavasili, ancienne chercheuse postdoctorale au MIT.
L’une des affections les plus courantes de l’œsophage est l’œsophagite éosinophilique, une inflammation causée par des allergies alimentaires, rendant la déglutition impossible. Ces maladies sont généralement traitées par des médicaments systémiques, dont l’infliximab, qui neutralise une protéine inflammatoire, mais qui présente également des risques d’infections et d’autres problèmes de santé.
L’administration directe de médicaments à l’œsophage pourrait réduire ces effets indésirables, mais cela reste compliqué en raison de la rapidité du passage des médicaments par l’œsophage et de la nature imperméable de son épithélium stratifié. L’injection de médicaments dans le tissu œsophagien est une autre option, mais elle est inconfortable et nécessite une intervention médicale.
Les chercheurs ont conçu un système de dépistage imitant la structure de l’œsophage, permettant de mer l’efficacité des formulations médicamenteuses. Après avoir testé près de 100 composés, ils ont identifié les sels biliaires, tels que le chenodeoxycholate de sodium et le cholate de sodium, comme les plus efficaces pour augmenter la perméabilité des cellules œsophagiennes.
Des tests sur des animaux ont démontré que cette formulation pouvait administrer efficacement l’infliximab à l’œsophage, avec un retour à la normale des cellules dans les trois jours suivant le traitement. Ce type d’administration pourrait permettre de réduire les effets secondaires associés à l’administration systémique de médicaments.
Les chercheurs continuent d’optimiser cette formulation pour des tests potentiels chez l’homme, en s’assurant que le gel adhère suffisamment longtemps pour délivrer les médicaments sans causer d’inconfort.
Cette recherche a été financée par le Karl van Tassel Career Development Professorship, le Département de génie mécanique du MIT, la Division de gastro-entérologie de l’hôpital Brigham and Women’s Hospital, et l’Agence américaine des projets de recherche avancée en santé (ARPA-H).
Source : MIT News
