Dette, déficit, finances publiques : Philippe Juvin demande aux candidats à la présidentielle de dévoiler leurs plans
Le député des Hauts-de-Seine, Philippe Juvin, a adressé ce lundi une lettre aux candidats déclarés à l’élection présidentielle pour les interroger sur la question de la dette, qu’il considère comme « l’un des enjeux majeurs du débat présidentiel ». Selon lui, les réponses fournies par les candidats « contribueront aux travaux de la commission des finances ».
Philippe Juvin, rapporteur du budget et membre de la Droite républicaine, souhaite que la question de la dette soit au cœur de la campagne présidentielle. Dans sa lettre, il met en garde les candidats contre « la dynamique de notre dette publique et de sa charge », soulignant l’importance d’une vision claire pour le redressement des comptes publics.
Il s’appuie sur les constats de la Cour des comptes, qui indiquent que la dette pourrait dépasser 3 600 milliards d’euros d’ici 2026, représentant près de 119 % du PIB. De plus, la charge des intérêts pourrait atteindre 78 milliards d’euros cette même année, avec un risque de franchir le seuil des 100 milliards avant la fin de la décennie.
Dans ce contexte, Juvin alerte sur le fait qu’une part croissante des ressources publiques sera consacrée au financement de l’endettement, ce qui pourrait compromettre la viabilité des projets politiques. Il estime qu’à « politique inchangée », le déficit public pourrait atteindre 5,9 % du PIB en 2027 et 6,8 % en 2030, avec une dette publique dépassant 130 % du PIB.
Il souligne également qu’un ajustement d’environ 126 milliards d’euros d’ici 2032 serait nécessaire pour stabiliser le ratio de la dette publique. Juvin considère que l’élection présidentielle est le moment propice pour prendre des décisions difficiles, car la légitimité populaire conférée au vainqueur lui permettrait de les assumer.
Dans sa missive, il demande aux candidats de lui transmettre leurs objectifs en matière de redressement des finances publiques, ainsi que les réformes structurelles envisagées sur les dépenses et les recettes. Les réponses seront transmises aux députés de la commission des finances et devraient éclairer le débat public sur cet enjeu crucial.
Eric Coquerel, président de la commission des finances, a salué cette initiative, tout en précisant que ce n’est pas le rôle de la commission d’organiser un débat autour des réponses des candidats.
Source : LCP

