Réseau électrique : L’Allemagne enquête sur de nouveaux sabotages
(Berlin) Les autorités allemandes ont annoncé mercredi qu’elles enquêtaient sur deux attaques survenues mardi contre des postes électriques, marquant les derniers actes de sabotage présumés visant les infrastructures critiques du pays.
La police a ouvert une enquête antiterroriste suite à un premier incident à Jänschwalde, dans l’est du pays, près de la frontière polonaise, où des explosifs artisanaux ont été utilisés sur un site distribuant l’électricité d’une centrale au charbon. Lors d’un second incident à Bergheim, dans l’ouest, des individus non identifiés ont provoqué un court-circuit dans un poste électrique de l’opérateur Amprion en s’en prenant à des câbles aériens.
Aucune des deux attaques, qui n’ont pas été revendiquées, n’a entraîné de coupure d’électricité à grande échelle, bien que le fonctionnement de centrales électriques voisines ait été perturbé.
Ces derniers mois, l’Allemagne a été le théâtre d’attaques répétées contre ses infrastructures énergétiques, dont certaines ont été revendiquées par des militants d’extrême gauche. En tant que soutien majeur de l’Ukraine face à l’invasion russe, l’Allemagne est également la cible de projets de sabotage qu’elle attribue à Moscou, accusation que le Kremlin dément.
L’incident à Bergheim a été qualifié d’« acte criminel » par le ministre de l’Intérieur de l’État régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, qui a déclaré qu’il s’agissait d’un acte intentionnel et qu’il existait « un soupçon initial de sabotage dirigé contre l’ordre constitutionnel ».
Les enquêteurs examinent deux pistes : un sabotage téléguidé par un État étranger ou un acte d’extrémistes de gauche. Reul a souligné l’importance des postes électriques, les qualifiant de « centres névralgiques de notre vie quotidienne », et a ajouté que toute attaque contre ces infrastructures constitue une menace pour le pays et son mode de vie.
Près de Jänschwalde, plusieurs engins explosifs ont été découverts au poste électrique de Preilack, dont au moins un a explosé, tandis que les autres n’ont pas fonctionné. La police du Land de Brandebourg a ouvert une enquête pour formation d’une organisation terroriste, ainsi que pour perturbation de services publics et destruction d’équipements essentiels.
Des attaques ayant causé des incendies ont eu lieu ces derniers mois dans la région de Berlin, souvent revendiquées par des militants d’extrême gauche. Le 3 janvier, un incendie criminel dans une installation électrique, revendiqué par le groupe « Vulkangruppe », avait plongé plus de 100 000 personnes dans le noir à Berlin. Ce groupe, actif depuis 2011, a revendiqué plusieurs attaques, dont une en mars 2024 contre une usine Tesla près de la capitale.
Les autorités n’ont jusqu’à présent pas réussi à identifier les auteurs de ces actes.
Source : Agence France-Presse

