Rennes : L’arrivée de Dongfeng suscite des inquiétudes chez les salariés de Stellantis
L’annonce d’un accord entre Stellantis et le constructeur chinois Dongfeng pour la production d’un véhicule sur le site de l’usine de la Janais, à Chartres-de-Bretagne, a généré de nombreuses interrogations parmi les employés. Didier Picard, délégué syndical CFE-CGC, souligne : « Pour l’instant, c’est silence radio ». Les questions demeurent quant aux responsabilités de production, aux contrats de travail des salariés impliqués, et aux conditions sociales qui en découleront.
Les organisations syndicales, bien qu’en faveur du projet, estiment ne pas avoir reçu de réponses satisfaisantes. La direction a seulement indiqué que la production serait lancée dans deux à trois ans, au sein d’une coentreprise détenue à 51 % par Stellantis. Un cadre du groupe a précisé que les négociations sont en cours et peuvent être longues.
Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, s’est exprimé lors de l’université d’été du Medef, affirmant que l’accueil d’un véhicule Dongfeng serait « gagnant-gagnant ». Il a nié toute intention de devenir « un cheval de Troie » pour Dongfeng en Europe, soulignant que cette initiative permettrait de maintenir l’usine ouverte.
Du côté de la CFDT, syndicat majoritaire, l’inquiétude grandit concernant les 2 000 salariés de l’usine. En juin, un tract a été diffusé pour exiger des garanties sur le maintien des contrats de travail et des droits sociaux. Laurent Valy, délégué syndical, a rappelé que dans les précédentes coentreprises, les contrats avaient été transférés, créant des incertitudes.
Les autres syndicats, comme la CGT, adoptent une position plus prudente. Fabrice Lucas, représentant de la CGT, a indiqué qu’aucune nouvelle information n’était parvenue depuis mai, laissant les salariés dans le flou. Didier Picard a également sollicité des précisions auprès de la direction des ressources humaines, sans succès.
Les syndicats insistent sur des conditions claires : maintien inconditionnel des salariés au sein de Stellantis, refus de tout transfert forcé de contrat vers la coentreprise, et confirmation des accords sociaux existants. « Nous voulons construire ensemble, pas nous faire vendre », conclut Picard.
Source : Le Télégramme

