Raphaëlle Primet, élue communiste, révèle sa séropositivité et appelle à combattre la sérophobie
Dans une interview publiée le 1er septembre par L’Humanité, Raphaëlle Primet, co-présidente du groupe communiste au Conseil de Paris, a annoncé publiquement être atteinte du sida. Elle a déclaré : « Je ne m’en suis jamais cachée, mais je ne l’avais jamais déclaré publiquement. Plusieurs personnes m’avaient déjà demandé pourquoi je ne le faisais pas. »
Cette révélation a eu lieu lors d’une rencontre avec deux militants en grève de la faim à Paris. Primet souhaite sensibiliser le public aux discriminations que subissent les personnes séropositives, qu’elle qualifie d’« obscurantisme ». Elle a précisé que la sérophobie peut engendrer des conséquences concrètes, notamment le refus de se faire dépister ou de parler de sa séropositivité avec des partenaires, ce qui peut avoir des répercussions sanitaires.
Jean-Luc Romero, ancien adjoint à la mairie de Paris, a exprimé son soutien, qualifiant cette annonce de « courageuse » et soulignant qu’il avait souvent été isolé dans ce combat. Il a déclaré : « Pendant vingt-trois ans, j’ai porté ce combat à bout de bras, me sentant souvent bien seul. »
Raphaëlle Primet a également dénoncé les messages de haine circulant sur les réseaux sociaux, qui associent encore le VIH à des stéréotypes négatifs. Elle a fait le lien entre la montée des discriminations et l’ascension de l’extrême droite en France, affirmant qu’il existe une ambiance générale qui marginalise les personnes en raison de leur état de santé, couleur de peau, ou sexualité.
Concernant une éventuelle législation, Primet a proposé de modifier la loi de 2008 sur les discriminations pour y inclure explicitement la sérophobie, afin qu’elle soit reconnue et sanctionnée comme une discrimination. Ian Brossat, sénateur PCF, a salué son courage pour avoir « brisé le silence » sur ce sujet.
Cette prise de parole de Raphaëlle Primet pourrait contribuer à une meilleure visibilité des personnes vivant avec le VIH et à une lutte accrue contre les préjugés.
Source : L’Humanité

