« Aggression d’un policier dans le Marais : un suspect menace de mort »

Paris. « Il m'a dit je vais te tuer » : le témoignage glaçant du policier agressé dans le quartier du Marais

« Il m’a dit je vais te tuer » : le témoignage glaçant du policier agressé dans le quartier du Marais

Pierre Picavet, fonctionnaire de police et président de l’association LGBT+ FLAG !, a été victime d’une violente agression homophobe dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 août, vers 4 heures du matin, à la sortie d’un bar gay du Marais, à Paris. Invité ce mardi matin au micro d’Apolline de Malherbe sur BFMTV, il a détaillé cette nuit où il a cru mourir.

« Je me dirigeais vers les transports quand j’ai croisé cet homme. Au départ, cela m’a semblé être une blague », a relaté le policier. « Et les premiers mots qu’il m’a dit, c’est : Je vais te tuer, sale PD ». Malgré sa carte de police brandie à trois reprises, l’homme, alcoolisé, ne s’est pas arrêté. « Je lui répétais : Arrête, je suis flic, recule », a-t-il poursuivi. L’agresseur lui a alors assené un coup de bouteille de whisky sur la tête. Immobilisé au sol, Pierre Picavet a déclaré n’avoir eu qu’un seul réflexe : « Le seul moyen de défense que j’avais, c’était de le mordre à la joue ».

Le policier a brièvement perdu connaissance et s’est réveillé dans les bras d’un passant qui a été témoin de l’incident. « On peut dire qu’il m’a sauvé. Il a vraiment été témoin de tout », a-t-il souligné, notant que sa parole aurait pu être mise en doute sans ce témoin. Le bilan est lourd : multiples fractures au visage et au crâne, un saignement intracrânien et une fracture de l’orbite de l’œil gauche, qui nécessite une opération dans les jours à venir. Pierre Picavet a été mis en arrêt de travail pour 40 jours.

Mis en examen et laissé libre

L’agresseur présumé, un homme d’une vingtaine d’années sans antécédents judiciaires, a été interpellé la nuit des faits. Initialement prévu pour un jugement en comparution immédiate, un juge d’instruction a finalement été saisi à la demande de la partie civile. Le suspect a été mis en examen pour violences aggravées et vol, puis laissé libre sous contrôle judiciaire. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « violence suivie d’incapacité supérieure à huit jours commise en raison de l’orientation sexuelle de la victime ». L’avocat de Pierre Picavet appelle à un renvoi devant la cour d’assises, soulignant que « la qualification criminelle doit être sérieusement instruite ».

L’association FLAG ! a exprimé sa « profonde indignation » face à cette agression. L’organisation STOP homophobie a rappelé que « les violences LGBTphobes restent une réalité », même dans des espaces supposés sécurisés. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a affirmé que la capitale « restera un refuge, un rempart et une ville de liberté pour toutes et tous ». Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a quant à elle exigé une sanction « exemplaire ».

Une hausse continue depuis 2016

Cette agression s’inscrit dans une tendance alarmante. En 2025, les services de police et de gendarmerie ont enregistré près de 4 900 infractions anti-LGBT+, ce qui représente une augmentation de 2 % par rapport à l’année précédente, selon le service statistique du ministère de l’Intérieur. Près des deux tiers (64 %) de ces infractions sont des crimes ou des délits, en hausse de 4 %. Le nombre total d’infractions a presque triplé depuis 2016, bien que seulement 3 % des victimes déposent plainte. Les victimes sont majoritairement des hommes (71 %) et souvent jeunes.

SOS homophobie a également documenté 1 771 cas de LGBTIphobie en 2025, avec une hausse de près de 13 % sur un an. La gayphobie demeure la forme la plus répandue (57 %), suivie de la transphobie (27 %) et de la lesbophobie (15 %). L’association souligne un climat « de plus en plus anxiogène et délétère » pour les personnes LGBT+.

Source : Le Progrès

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