Pôle Sud : la folle conquête
En 1910-1911, le monde est captivé par les conquêtes des pôles, alors que des explorateurs et des nations rivalisent dans des conditions extrêmes. L’expédition Scott-Amundsen au pôle Sud se soldera par une conclusion à la fois historique et tragique. Dans un ouvrage de près de 350 pages, Jean-Claude Deveney et Jérôme Jouvray détaillent cette odyssée au bout du monde, mêlant folie et amateurisme dans les meilleures intentions des découvreurs.
Depuis les voyages exploratoires antiques, qui datent d’environ 2300 avant J.-C., les expéditions ont cherché à repousser les frontières du monde connu. Après le Pacifique et le continent australien, c’est au tour des pôles de capter l’attention. Cet engouement découle d’une quête historique du passage du Nord-Ouest, permettant de relier les océans Pacifique et Atlantique. De 1903 à 1906, le Norvégien Roald Amundsen réussit enfin à franchir ce passage, utilisant un bateau de pêche pour échapper à ses créanciers.
Le 18 avril 1909, l’Américain Frederic Cook annonce avoir atteint le pôle Nord, mais cette affirmation est contestée par Robert Peary, qui revendique la victoire pour le 6 avril. Le Congrès des États-Unis tranche en faveur de Peary, une controverse qui motive Amundsen à se tourner vers le pôle Sud. Entre 1895 et 1922, période marquée par la mort d’Ernest Shackleton, se développe l’« âge héroïque de l’exploration de l’Antarctique », visant à allier honneur, gloire et avancées scientifiques.
L’expédition Terra Nova, dirigée par Robert Falcon Scott entre 1910 et 1913, a pour objectif déclaré d’atteindre le pôle Sud et de garantir à l’Empire britannique cet honneur. L’album retrace les préparatifs, les choix parfois discutables, et les conflits entre protagonistes, tout en mettant en lumière les défis logistiques et humains. En octobre 1910, Scott découvre qu’Amundsen lui fait concurrence, semant les germes d’une tragédie imminente.
L’album, divisé en sept chapitres et complété par un dossier documentaire, plonge le lecteur dans cette odyssée glaciale. Le récit souligne l’urgence de préserver l’écosystème polaire, seul continent à échapper aux revendications nationalistes et à l’exploitation des ressources, comme stipulé par le traité sur l’Antarctique de 1959.
Source : BD Zoom
